«Dieu t’a fait comme ça et Il t’aime comme tu es»

Les propos rapportés du pape François à un Chilien victime d’abus sexuels pourrait signaler un nouveau tournant dans l’attitude de l’Eglise catholique à l’égard des homosexuels.

«Ça m’est égal que tu sois gay. Dieu t’a fait comme ça, et Il t’aime comme tu es.» Ces mots attribués au souverain pontife ont été rapportés par une victime chilienne d’abus sexuels commis au sein de l’Eglise. Juan Carlos Cruz a donné une interview au quotidien espagnol «El País» après s’être entretenu plusieurs jours avec François en marge de rencontres avec l’épiscopat chilien sur le scandale de pédophilie qui secoue le pays.

Même si ces propos – privés – n’ont pas été commentés ou confirmés par le Vatican, ils suscitent l’étonnement. «C’est énorme. Je ne peux pas me rappeler que le pape ait jamais dit que les gays étaient nés comme ça», s’enthousiasme le père James Martin, prêtre jésuite américain qui milite pour la création de ponts entre l’Eglise et la communauté LGBTQ, dans les colonnes du «L.A. Times». En 2013, le François avait déjà décoiffé les conservateurs en lançant son désormais fameux «Si quelqu’un est gay et recherche le Seigneur avec sincérité, qui suis-je pour juger?» Bien qu’ambiguë, la phrase avait été perçue comme une rupture avec des siècles de diabolisation de l’homosexualité.

Juan Carlos Cruz a subi des abus sexuels alors qu’il était adolescent, dans les années 1980. Il n’a eu de cesse de dénoncer la protection accordée à l’auteur des faits par son supérieur, le désormais évêque Mgr Barros. En janvier dernier, la mise en cause du prélat avait alors été qualifiée de «calomnie» par le pape François lui-même.

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