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Déconstruire les stéréotypes autour de notre rapport à la sexualité, au corps et à la spiritualité

Déconstruire les stéréotypes autour de notre rapport à la sexualité, au corps et à la spiritualité
De gauche à droite : Adrian Stiefel, Yumie Volupté, Elisabeth Schenker, Zoé Blanc-Scuderi © Alain Grosclaude
Compte-rendu de la rencontre ‘Ai-je un corps ? Suis-je un corps ?’

C’est à l’Auditoire Calvin, berceau du protestantisme genevois et lieu d’enseignement du réformateur au 16ème siècle, que s’est déroulée jeudi 19 mai, une soirée pour le moins atypique d’exploration intime de notre rapport au corps et à l’âme.

La rencontre était organisée par l’Antenne LGBTI Genève, bureau cantonal de l’Église protestante de Genève sur les questions LGBTIQ+, en partenariat avec le centre pour les sexualités SexopraxiS, dans le cadre de la campagne annuelle de la Ville de Genève contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie.

La soirée, riche d’échanges et empreinte de sincérité, s’est articulée autour de deux temps forts. Dans un premier temps, deux intervenantes, qu’à priori tout oppose socialement, Yumie Volupté, professionnelle du sexe et poétesse, et Elisabeth Schenker, aumônière en psychiatrie, théologienne et pasteure, se sont laissé conduire, via un jeu de questions-réponses, dans un parcours intime de réflexion et d’échanges sur leur rapport à leur corps, les liens entre sexualité, corps et spiritualité, et plus largement leur relation à l’autre et à la question du genre. Elles ont dans un deuxième temps échangé avec les modérateur-trice de la soirée, Adrian Stiefel, chargé de ministère et responsable de l’Antenne LGBTI Genève, et Zoé Blanc-Scuderi, comédienne et sexologue, ainsi que le public.

La soirée a été inaugurée par Erin Lederrey, nouvellement élue présidente du comité de l’Antenne LGBTI Genève, qui a souligné que cette rencontre permettait d’établir « un pont entre deux mondes qui se côtoient souvent mais ne se parlent pas. Un pont pour passer [par-delà] les préjugés qui nous minent et nous enferment ».

La représentante du Service Agenda 21 de la Ville de Genève, Stéphanie Monay, a pour sa part rappelé les objectifs de la campagne contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie, dédiée cette année à la célébration de la diversité des corps queer. Elle a remercié à cette occasion l’Antenne LGBTI Genève pour sa « promptitude à proposer des formats étonnants ainsi que des angles de discussion encore insolites ».

L’hôte de la soirée, Adrian Stiefel, a quant à lui souligné l’importance de replacer la sexualité au centre de l’identité spirituelle de l’individu, et a par ailleurs rendu hommage et dédié la soirée à Jean Calvin et Grisélidis Real, marraine des travailleurs et travailleuses du sexe, et figure emblématique de la lutte pour leurs droits.

À l’occasion de leurs échanges, les intervenantes, Elisabeth Schenker et Yumie Volupté, ont toutes deux témoigné avec sincérité de leur vécu, de leur rapport à l’amour, à leur corps et à la spiritualité. Bien qu’issues de différentes générations et ayant un rapport à la spiritualité sensiblement différent, toutes deux se sont rejointes dans des espaces de compréhension commune.

Elisabeth Schenker a pour sa part souligné l’importance de refuser toute mise en boîte et catégorisation de l’humain, source d’exclusion et donc de violence. C’est en tout premier lieu ce qui l’a attirée dans la personne de Jésus de Nazareth : sa lutte contre toute forme de préjugés, de radicalisme, de mise en boîte, d’exclusion, et son appel à se «supporter les uns les autres», c’est-à-dire à se porter vers le haut. Elle a en outre mis en avant le lien indissociable entre sa spiritualité et son corps et le fait que ce dernier ne puisse jamais être attiré «sans son cœur et son esprit».

Yumie Volupté a quant à elle insisté sur sa perception du genre comme une construction culturelle qui ‘enferme’ – l’humain ayant besoin de mots pour se penser –, une construction binaire dans laquelle la nouvelle génération ne se reconnait plus. En ce sens, elle a indiqué ne pas être attirée par « des genres mais par des gens ». En lien avec la spiritualité, elle a par ailleurs souligné la nécessité d’honorer son corps, comme lieu d’incarnation de son âme, et a évoqué sa manière d’entrer en relation avec les autres et de rencontrer leur âme, par la sexualité.

Les discussions, qui ont aussi bien touché aux liens entre sexualité et spiritualité, que plus globalement aux relations de couple, mais aussi à l’acception de soi et de l’autre, ont permis, le temps d’une soirée, de réconcilier le corps, l’esprit et le cœur, et de repenser les rôles stéréotypés attribués à chacun et chacune par le regard social.De gauche à droite : Adrian Stiefel, Yumie Volupté, Elisabeth Schenker, Zoé Blanc-Scuderi © Alain Grosclaude

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L’enregistrement vidéo de la soirée est à retrouver sur la page Facebook de l’Antenne LGBTI Genève : https://www.facebook.com/antennelgbtigeneve/videos/3281176468769433

 

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Pour plus d’information sur l’Antenne LGBTI Genève :

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