Holiday Sex

Avec les beaux jours, les désirs montent en même temps que les températures. Mais les changements dans les habitudes peuvent mettre à mal la mise en œuvre de stratégies de réduction des risques de transmission du VIH.

Avant de partir, il est préférable d’être au clair sur ses vaccinations. En plus de celles pour les hépatites A et B, des vaccinations ou autres prophylaxies peuvent être pertinentes pour des infections endémiques dans le pays de destination (ex. fièvre jaune, paludisme) ou au sein de certaines scènes gaies (ex. méningites) www.safetravel.ch. Pour pouvoir disposer en tout temps et en tout lieu de son carnet sans risque de le perdre, il est possible d’ouvrir un compte sur www.mesvaccins.ch.

L’organisation d’un voyage en couple peut être une bonne occasion de refaire un point sur les accords concernant les éventuel·le·s partenaires occasionnel·le·s. Est-ce qu’on s’autorise des à-côtés? Ensemble ou chacun·e de son côté? Dans la limite du flirt ou plus avant? Y compris les pénétrations? Qu’est ce que l’on fait s’il y a un écart par rapport à ce qui était convenu?

PEP et PrEP
Le dialogue est un des meilleurs moyens de consolider la confiance et s’il est fait en amont de pouvoir agir adéquatement en toute situation. Si l’on utilise des préservatifs, il est préférable de prendre dans sa valise une réserve suffisante de son modèle préféré. Des préservatifs et du lubrifiant adéquats ne sont pas toujours disponibles sur place quand on en a besoin. Un accident pouvant toujours arriver (oubli, glissade ou rupture de préservatif), il est recommandé de repérer les services pouvant le cas échéant délivrer un traitement d’urgence VIH (PEP) les plus proches du ou des lieux de séjour. La PEP est disponible dans la majorité des services hospitaliers et les coûts relèvent de l’assurance obligatoire des soins suisse. Plus tôt elle est initiée, plus la PEP est efficace et elle n’a plus de pertinence au-delà de 48 heures. Il est donc souvent préférable de la commencer sur place et savoir en amont où aller permet de gagner un temps précieux.

Pendant les vacances, il peut arriver que l’on se laisse porter par ses envies. Les partenaires peuvent être plus nombreux et avec la chaleur des corps, les verres d’alcool et/ ou d’autres substances, le préservatif pourrait être oublié alors que l’on ne peut pas connaitre avec certitude le statut sérologique des partenaires. Pour anticiper de tels risque, il peut être préférable d’initier un traitement préventif (PrEP) avant de partir. Sachant que deux consultations à un mois d’intervalle sont nécessaires pour initier la PrEP, il est nécessaire de prendre rendez-vous bien en amont de son départ.
» www.myprep.ch.

Malheureusement, encore aujourd’hui, certains pays imposent des restrictions d’entrée sur leur territoire aux personnes séropositives. Avant de se voir refouler, il est préférable de vérifier les conditions. www.hivtravel.org Si on l’utilise le traitement en prévention, il faut penser à prendre le nombre de comprimés correspondant à la durée du séjour. Afin de prévenir les difficultés à la douane, il est préférable de prendre son ordonnance et/ou un courrier explicatif de son·sa médecin.

Le «Big 5»
En safari, le Big 5 ce sont les éléphants, lions, buffles, léopards et rhinocéros noirs. En santé sexuelle, le Big 5 c’est le VIH, la syphilis, la gonorrhée, la chlamydia et les hépatites. Au retour, il peut être pertinent de faire un dépistage de ces principales infections sexuellement transmissibles. Celui-ci est possible à partir de 15 jours après la dernière exposition potentielle. Pour les infections bactériennes (syphilis, gonorrhée et chlamydia), des analyses spécifiques à partir d’une prise de sang veineux et de frottis des muqueuses génitales, anales et pharyngées permettent d’exclure un portage asymptomatique. Pour le VIH et les hépatites, un éventuel diagnostic précoce permettra un accès rapide au traitement et de limiter les atteintes à la santé. Pour exclure une infection, un nouveau dépistage serait nécessaire à plus de 3 mois de la dernière exposition potentielle. Pour le VIH et les autres IST, le traitement permet ensuite d’éviter les transmissions aux partenaires. Pour les partenaires antérieurs au traitement, il est recommandé de les informer pour qu’ils·elles puissent profiter d’un dépistage et/ou d’un traitement.
» www.drgay.ch

L’ABC pour s’assurer des vacances réussies:

• Anticiper et prévoir tout ce qui pourrait être utile lors de ses vacances : préservatifs, lubrifiant et traitement en quantité suffisante ; localisation des services PEP en cas de besoin.
• Bien-profiter de ses vacances l’esprit léger : les vaccinations et un traitement préventif peuvent y contribuer.
• Contrôler à son retour si l’on a ramené que de bons souvenirs de ses vacances : des dépistages adéquats en temps voulu permettre d’être au clair et de pouvoir agir efficacement pour sa santé et celle de ses partenaires.

Et comme le dit Catherine d’Oex, «Ne soyez pas sages. Soyez prudent·e·s».

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