L’«Église» lesbienne qui excommunie les trans

Une improbable «Pussy Church» s’est constituée comme communauté religieuse dans le Maryland (USA). Elle souffle sur les braises du débat sur le radicalisme transphobe.

«Nous rejetons expressément les concepts d’identité de genre, de transgendérisme, et la signification accordée au genre dans la définition de ce qu’est une femme ou une fille», c’est le credo d’une nouvelle congrégation récemment formée aux Etats-Unis. La Pussy Church of Modern Witchcraft («Eglise du minou de la sorcellerie moderne») vient de s’enregistrer auprès des autorités fiscales américaines, une démarche qui lui garantit une exemption d’impôt.

Selon son site web, le groupe cherche à financer un lieu d’accueil non mixte à Baltimore, près de Washington. Il est toutefois très discret sur ses activités, notamment ses cultes de la pleine lune, et sur le nombre de ses fidèles. Toutes doivent se plier à des conditions d’inclusion, comme être une femme cisgenre et témoigner d’une «renaissance» spirituelle dans le féminisme lesbien. De fait, la préoccupation première de la Pussy Church semble être, à l’heure actuelle, d’affirmer son rejet de toute présence masculine et trans, perçue comme oppressive. Et accessoirement de répondre à l’afflux de messages d’internautes indigné·e·s.

TERF, un thème brûlant
La Pussy Church apparaît surtout comme une nouvelle provocation sur le thème brûlant du TERF, le féminisme radical excluant les trans, qui agite les campus universitaires des deux côtés de l’Atlantique. Le mois dernier, un groupe anglais avait réalisé un coup d’éclat en occupant la tête du cortège de la Pride de Londres, sous des slogans tels que «Le transactivisme efface les lesbiennes».

Cette présence avait suscité l’incompréhension et la colère dans les rangs de la manifestation, entraînant des excuses officielles des organisateurs. Quelques semaines plus tard, la Pride de Brighton, autre événement phare de la communauté LGBT outre-Manche, avait réagi en proposant au collectif LwiththeT, d’ouvrir la parade: «Les femmes trans ont fondé la Pride», ont scandé les participant·e·s, allusion au rôle historique des trans dans la lutte pour la visibilité.

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