Zak Kostopoulos avait 33 ans.

Colère et incrédulité après le «lynchage» d’un militant LGBT

La mort de Zak Kostopoulos à l’issue d’un étrange cambriolage restait inexpliquée, une semaine après les faits, survenus en plein jour et en plein cœur d’Athènes.

Parents et amis de Zak Kostopoulos lui ont rendu un dernier hommage, mardi dans le village grec de Kirra. Lors de la mise en terre, ses camarades militants LGBT et des consœurs drag queens ont jeté une poignée de paillettes et même des perruques sur le cercueil de celui qui avait pour nom de scène Zackie Oh.

Le jeune homme de 33 ans est mort vendredi après-midi en plein centre d’Athènes, près de la place Omonia, dans des circonstances qui restent troubles. Pour les médias locaux, Kostopoulos s’était introduit dans une bijouterie dont le propriétaire s’était absenté quelques minutes. Il s’est alors retrouvé bloqué à l’intérieur de la boutique, dont il a tenté de briser la porte à coups d’extincteur. C’est alors qu’il rampait hors de la boutique à travers un carreau brisé qu’il a reçu des coups de pieds à la tête du commerçant, revenu entre-temps, et d’un autre homme, comme le montre une vidéo.

Sur d’autres images, on voit ensuite le trentenaire à terre, inanimé et ensanglanté, alors qu’il est traîné sur le pavé et menotté par la police. Les causes de sa mort, constatée à l’arrivée à l’hôpital, sont restées indéterminées.

Petit couteau de cuisine
Interviewé par plusieurs médias cette semaine, le bijoutier, âgé de 73 ans, a assuré que Kostopoulos était en train d’essayer de fracturer la caisse du magasin quand il l’a surpris, et qu’il était muni d’une arme blanche. Un petit couteau de cuisine a été retrouvé sur les lieux.

Le père de Kostopoulos a exclu que son fils ait tenté de cambrioler le magasin. Selon un ami interrogé par une télé locale, il tentait de se cacher après avoir été pris dans une bagarre qui aurait éclaté dans un café voisin. Un témoin cité par le journal «Ethnos» affirme avoir vu le trentenaire dans un état de grande confusion quelques minutes auparavant, accompagné de trois inconnus qui tentaient de le calmer.

Climat d’homophobie et de désinformation
Une trentaine d’universitaires ont signé une pétition dénonçant le climat d’homophobie et de désinformation entourant l’affaire. Une marche a par ailleurs rassemblé quelques centaines de personnes mercredi soir dans le centre d’Athènes en hommage au jeune militant «lynché» et pour demander une enquête complète et équitable sur le drame. En marge de la manif, plusieurs vitrines de la rue où se sont déroulés les faits ont été fracassées par un groupe d’individus masqués, tandis que des tags apparaissaient, où l’on pouvait lire «Vive Zackie, écrasons les nazis».

Des amis de Zak Kostopoulos ont rappelé son engagement courageux, depuis près de dix ans, pour combattre la stigmatisation frappant les personnes vivant avec le VIH: «Il était l’un des premiers à faire son coming-out de séropositif et à tenter d’éduquer les gens sur le sujet, tout en risquant de s’aliéner amis et membres de sa famille», rappelle l’un d’eux, cité par PinkNews.

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