Douche froide pour les gays et lesbiennes slovènes

Les associations LGBT et leurs alliés ont échoué à mobiliser les électeurs, ce dimanche. Les conservateurs ont remporté un référendum contre le mariage pour tous.

Sept mois après le «oui» triomphal et coloré en Irlande, c’est une douche froide qu’ont reçue les gays et lesbiennes d’un autre pays catholique: la Slovénie. Un référendum lancé par la droite a, ce dimanche, barré la route à l’ouverture du mariage pour tous dans ce pays. L’ex-république yougoslave devait faire figure de pionnière en Europe de l’est.

Plus de 63% des électeurs ont dit «non» à la loi sur le mariage adoptée en mars par le Parlement. La capitale, Ljubljana, a voté «oui» de justesse, à 50,5%. «Personnellement, je suis déçu, mais je continue de croire que la Slovénie va vers une société plus inclusive. Et je suis sûr qu’une loi semblable sera appliquée un jour», a expliqué à l’agence Reuters Roman, un sociologue qui vit en couple avec un autre homme.

Abstention
L’abstention semble être la clé de la défaite pour les association LGBT. Le gouvernement, pourtant favorable au texte, n’a pas fait campagne. La droite, elle, s’est mobilisée. Et le pape François a implicitement apporté son soutien au «non», en délivrant un message à des pèlerins slovènes, mercredi. Il les a encouragés à «préserver la famille comme unité fondamentale de la société». La participation finale, relativement faible (36%), n’empêchera pas le vote d’être validé. Les opposants au mariage homosexuels devaient rassembler 20% de l’électorat total. Ils ont franchi cette barre (23%).

Depuis 2006, les gays et lesbiennes de ce pays alpin de 2 millions d’habitants peuvent conclure un partenariat enregistré. En 2012, un autre référendum, sur le Code de la famille, leur avait toutefois refusé une extension des droits parentaux et l’accès à l’adoption.

4 comments

@benji
Non, nul pays n’est tenu d’adopter le mariage. Une union respectueuse des droits est totu a fait siffisante. Le referendum est legal, le quorom rempli. Donc aucun recours.

C’est clair que la CEDH ne semble avoir aucune intention d’imposer le mariage gay à un pays
Par contre, la question du referendum serait peut-être attaquable : une majorité peut-elle priver une minorité d’un droit (ou plutôt dans ce cas, je l’admets, une majorité peut-elle refuser l’extension d’un droit à une minorité). Cette “tyrannie de la majorité” (comme dirait Tocqueville) serait-elle jugée acceptable. On oppose clairement ici deux conceptions de la démocratie : d’un côté, la majorité à toujours raison, de l’autre, les droits des minorités doivent être défendus, même contre l’avis de la majorité.
Je ne pense pas que la CEDH se lancerait dans la pétaudière que serait cette question mais ce serait intéressant de se pencher dessus un beau jour ailleurs que dans de dissertations d’étudiants en philosophie et droit. En particulier vu de Suisse.

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