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It’s time to walk the talk!

It’s time to walk the talk!
Marius Diserens est spécialiste en question de genre et de diversité, est chargé de garantir une large inclusion éditoriale au sein du magazine et partage avec nous ses mots «coups de cœur» du mois.

Dear reader,

Qu’y a-t-il de plus fragile que le cœur d’un être humain? Sa fierté, sans doute. Un monde existe entre le fait d’être «déconstruit» et celui d’œuvrer pour une égalité réelle, une reconnaissance des réalités qui ne sont pas les nôtres. Je ne suis point misandre, j’aime les hommes. Qu’ils soient cis, hétéros, hétéronormés, doux ou affectueux, bourrus ou bestiaux. Cependant, je suis las de les entendre, ces hommes-là. Alors, qu’est-ce donc que la «parole»?

Je ne peux concevoir qu’aujourd’hui, certains – et certaines – pensent que la parole des hommes n’est pas entendue ou mise en valeur, qu’ils «n’ont pas voix au chapitre dans les luttes féministes». À vrai dire, voix au chapitre, ils n’ont que ça, depuis des siècles. Les entendre parler de leur masculinité est touchant, certes, mais je veux plus. Je veux de l’effort, de la sueur, des questionnements, des évolutions concrètes. Je ne peux supporter d’enfoncer des portes ouvertes sur «ce que ça veut dire d’être un homme»… Oh dear, ceci, nous le savons.

Et nous, féministes, devons être force de proposition, tant en termes de solutions qu’en termes de nouvelles formes d’être, d’incarner l’homme d’aujourd’hui. Non pas les soutenir dans leur volonté d’aller à un camp de masculinité sacrée au milieu de la forêt pour qu’ils pleurent et se prennent dans les bras, entre hommes.

Nous vous avons assez entendu. Nous savons que questionner ses privilèges sans pour autant illuminer ses souffrances est épineux. Mais en 2022, le travail doit se faire dans l’ombre, au travers de recherches personnelles, d’écoute attentive et de considération de propos qui peuvent, sur le moment, nous dépasser.

Le résultat de cette déconstruction sans glorification n’en sera que plus digne d’affection.