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Quand le Noël queer se construit entre celleux qui restent

Quand le Noël queer se construit entre celleux qui restent
©Annie Spratt (licence unsplash)

Il y a celleux qui fêtent Noël en famille, celleux qui ne peuvent plus, et celleux qui ne veulent plus. Trois personnes queer nous racontent comment elles s'apprêtent à passer Noël avec leur famille de coeur, en inventant de nouveaux rituels festifs.

Noël reste une période chargée d’injonctions: la famille, la table parfaite, la joie obligatoire. Pour de nombreuses personnes queer, ces récits dominants ne correspondent plus — ou n’ont parfois jamais correspondu.

Annabelle a rencontré trois personnes qui s’apprêtent à célébrer trois Noëls différents, loin des schémas traditionnels: en famille choisie, dans un bar queer ou à travers des rituels réinventés. Des fêtes bricolées, choisies, parfois mélancoliques, mais profondément sincères.

Jasmine, 47 ans, américaine, lesbienne, conceptrice lumière et DJ

„Je viens d’une famille à la culture religieuse mixte: avec un parent juif/ve et l’autre chrétien·ne. Chacun·e préferait la fête de l’autre, Hanoucca ou Noël. Chez nous, c’était donc une drôle de fête hivernale qui mélangeait les traditions, pas du tout religieuse, où chacun pouvait être qui iel était.

Aujourd’hui les seules personnes de ma famille avec qui je fête Noël sont mon enfant et mon ex-femme. Mes parents sont décédés et mes soeurs ont coupé les ponts avec moi depuis que j’ai fait mon coming out trans il y a cinq ans. Avec mon ex-femme et mon enfant, on fait la totale: le sapin, les cadeaux, le dîner. On aime le faste de cette tradition, sans l’aspect religieux.

Par contre on célèbre Noël le jour du solstice d’hiver, le 21 décembre. Comme ca on peut aussi le fêter avec nos ami.e.s les jours suivants. Et étant donné que je travaille dans le milieu du spectacle, ca m’est arrivé plus d’une fois de faire l’éclairage scénique d’un « Casse-Noisette » le soir de Noël… Cette année, j’ai un DJ set de prévu dans un bar queer. Je prépare un mix de chansons de Noël et de hits pop et dance.

C’est important pour moi de le faire, car il y a beaucoup de personnes queer qui ont perdu le contact avec leur famille d’origine et qui n’ont plus accès aux célébrations de Noël. En tant que DJ, je peux créer une ambiance légère et joyeuse durant cette soirée qui peut être très difficile pour certaines personnes.“

Robin, 27 ans, irlandais·e·x, cuisinièr·e·x et organisateurice de soirées

„Noël c’est un peu compliqué pour moi, depuis que les relations avec mes parents sont devenues conflictuelles. Il y a quelques années, j’ai arrêté de rentrer chez moi pour Noël. C’était beaucoup de stress et de pression. Je leur ai dit récemment que j’étais queer, ça c’est mieux passé que je le pensais mais ça reste un point de tensions entre nous.

Je continue à rendre visite à mes parents mais à d’autres moment de l’année, sinon c’est trop de pression et de stress. Mon premier Noël sans ma famille, c’était quand j’étais à la fac, avec des étudiants asiatiques dont les familles ne fêtaient pas Noël. Jamais je ne m’étais autant amusé·e·x. Aujourd’hui je continue de fêter Noël avec mes ami·e·x·s, ne pas le célébrer n’est pas une option, je trouverais ça sincèrement déprimant d’être seul·e·x ce jour-là vu qu’on est bombardé·e·x·s de films et de pubs de Noël, il est impossible de l’ignorer.

Cette année j’organise comme l’an dernier une soirée de Noël posée, ouverte à touxtes, dans un bar queer. Il y aura des décorations traditionnelles, du gui pour s’embrasser, un Santa Claus queer – un performeur drag sur les genoux duquel on pourra s’assoir et lui raconter sa vie. Et chacun·e·x peut apporter à manger, on partagera.“

Stéphane, 37 ans, francais, gay, graphiste

„Mon dernier Noël en famille remonte à mes six ans. Je m’en souviens encore, c’était chez mes grands-parents, avec mes tantes et mes cousines. Puis mes parents sont devenus témoins de Jéhova et on n’a plus jamais fêté Noël. J’ai fait mon coming out à 21 ans, et à partir de là je n’ai plus vraiment eu de liens avec ma famille.

Les périodes où j’étais célibataire, il arrivait que je ne fasse rien pour Noel parce que j’avais du travail. Sinon je le fêtais avec des ami·e·x·s., souvent queers et expatrié·e·x·s comme moi, qui n’avaient pas de bonnes relations avec leurs parents et qui se retrouvaient seul·e·x·s pour Noël. Quand j’étais en couple, par contre, je passais généralement les fêtes avec la famille de mon compagnon.

J’ai aussi vécu pendant des années dans une grande colocation gay où c’était un rituel de passer le réveillon ensemble, ce qui m’avait étonné au départ, car nous étions un espace queer, anticapitaliste et anti-religieux. On était chaque année de grandes tablées d’une vingtaine de personnes, il y avait la fraction végane et la fraction viande. C’était un dîner très festif avec beaucoup de choses à manger, chacun apportait quelque chose de bon.

Aujourd’hui je suis à nouveau en couple, marié, et je fête Noël dans la famille de mon partenaire. Je trouve ca charmant de passer le réveillon avec des enfants, c’est très joyeux. Mais il y a une part de moi qui regrette cette époque où je pouvais décider du degré de Noëlitude des fêtes de fin d’année.“

Le Noël de l’Arsenic
Dîner / DJ set / Karaoké

📅 Mercredi 24 décembre 2025
📍 Arsenic, Rue de Genève 57, Lausanne
🎟️ Entrée libre (sur réservation)

Une soirée conviviale pour passer le 24 décembre ensemble: accueil autour d’un thé de Noël ou d’un vin chaud, dîner végétarien préparé par le collectif Ezinulo, puis karaoké, DJ set et freeshop.

Le repas est offert sur réservation (places limitées):
shalanda.philip@arsenic.ch / +41 21 625 11 22

Plus d’info sur arsenic.ch