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Les personnes LGBT n’ont pas les mêmes chances en matière de santé 

Les personnes LGBT n’ont pas les mêmes chances en matière de santé 
Photo: Thomas Hawk/flickr (CC BY-SA 2.0) - Apple Pride, San Francisco 2015

En décembre 2022, le Conseil fédéral a publié la première étude nationale sur l’état de santé et l’accès aux soins pour les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans*. Les résultats sont alarmants.

Faire en sorte que le Conseil fédéral s’intéresse à la santé des personnes LGBTIQ+ n’est pas chose aisée. Pour y parvenir, l’Organisation Suisse des Lesbiennes (LOS) a sollicité début 2019 la conseillère nationale socialiste Samira Marti pour qu’elle dépose un postulat demandant l’établissement d’un rapport comparatif sur la santé des personnes LGB. Un peu moins de trois ans plus tard, ledit rapport est là et inclut également les personnes trans*. Ses résultats sont inquiétants et montrent l’étendue du travail à réaliser pour contribuer à une meilleure santé des personnes queer.

La santé sexuelle, encore et toujours un enjeu
Sans surprise du côté de la santé sexuelle, ce sont les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes qui restent le plus touchés par le VIH et les autres IST. C’est pourquoi Florian Vock, responsable de la prévention à l’Aide suisse contre le sida (ASS) est convaincu que «les tests et les conseils doivent être mieux financés et plus accessibles. Ce constat doit aussi mener à des offres en matière de promotion de la santé, de prévention et de traitement conçues de manière inclusive, ciblée et spécifique pour les personnes LGBT.»

Le rapport confirme par ailleurs que les femmes lesbiennes consultent moins les gynécologues et ont moins recours aux dépistages des cancers que les femmes hétérosexuelles, ce qui peut avoir une incidence néfaste sur leur santé à moyen et long terme.
 
Une santé mentale préoccupante
Autre enjeu de taille, la santé mentale. Les données récoltées mettent en exergue que les personnes LGBT sont davantage concernées par les addictions, qu’il s’agisse de tabac, d’alcool ou d’autres substances psychoactives, que la population générale. Elles ont en outre un risque 2 à 3,5 fois plus élevé de présenter des symptômes dépressifs moyens à graves que les personnes hétérosexuelles.

Sylvan Berrut, de Transgender Network Switzerland (TGNS), précise que «ces constats sont encore plus marqués en ce qui concerne la santé des personnes trans* et/ou non binaires».

Les conclusions sont également inquiétantes concernant les tentatives de suicide. La probabilité d’une tentative est, en effet, au moins quatre fois plus élevée chez les personnes LGBT que dans le reste de la population. Roman Heggli, directeur de Pink Cross, rappelle à cet effet que c’est pour cette raison que son association a mis en place une LGBTIQ-Helpline.
 
Les expériences de discrimination mises en cause
Le communiqué de presse publié par les associations faîtières, l’ASS et la Fédération romande des associations LGBTIQ lors de la parution des résultats indique qu’il faut toutefois «garder à l’esprit que l’orientation sexuelle ou l’identité de genre n’est pas en soi la cause d’un moins bon état de santé physique ou psychique. Ce sont plutôt les expériences de discrimination, de stigmatisation et de violences qui constituent des facteurs de stress spécifiques aux personnes LGBT, lesquels peuvent avoir un impact négatif sur leur santé.»

Les personnes LGBTIQ+ et non binaires sont notamment confrontées à des discriminations lors de leur prise en soin, qu’il s’agisse d’un simple rendez-vous chez le ou la médecin généraliste, de suivis gynécologiques ou encore de soins liés à une transition de genre. Sylvan Berrut explique que «près d’un tiers des personnes trans* et/ou non binaires rapportent avoir vécu des discriminations ou de la violence dans le cadre de soins de santé au cours des douze derniers mois. C’est inacceptable. En plus de provoquer une perte de confiance vis-à-vis des professionnel·le·x·s de santé, de telles expériences peuvent conduire à un renoncement aux soins, avec toutes les conséquences négatives que cela peut avoir.»

Pour pallier à cette difficulté, il est nécessaire de former les professionnel·le·x·s de la santé. En Suisse romande, un projet de formation en ligne est en cours d’élaboration sous l’égide d’Unisanté. Plus localement, les associations les Klamydia’s, Vogay et Lilith ont organisé le 24 novembre 2022 des Assises vaudoises sur la santé des femmes* qui ont des relations avec des femmes à destination des professionnel·le·x·s. Cette manifestation a permis aux participant·e·x·s de réfléchir à des outils pour être plus inclusif·ve·x·s sur le terrain.
 
Un premier pas franchi
Au-delà des initiatives régionales, les organisations qui ont accompagné la réalisation de l’étude soulignent qu’il est grand temps que la Confédération prenne ses responsabilités. Muriel Waeger, co-directrice de la LOS, salue le travail effectué par les services fédéraux: «Que le Conseil fédéral prenne donc enfin la santé des personnes LGBT au sérieux et examine les possibilités de les prendre en compte dans certains champs d’action, comme la prévention du suicide et les addictions, est une victoire conséquente après 30 ans d’engagement.»

Suite à la publication de ces résultats, les associations faîtières, l’ASS et la Fédération romande des associations LGBTIQ ont décidé de faire pression pour que la Confédération s’engage vis-à-vis de ces problématiques. Elle devra les prendre en compte dans les programmes de prévention et de promotion de la santé, les enquêtes nationales dans les domaines du social et de la santé, mais aussi lors de la mise en place de meilleures stratégies d’accès aux soins. Pour les associations faîtières, il est important que cet engagement au niveau national soit coordonné avec les organisations communautaires qui œuvrent d’ores et déjà sur le terrain, mais il est tout aussi primordial que le travail de ces dernières soit à la fois reconnu et soutenu financièrement. Avec ce premier pas franchi, il reste donc à espérer que la Confédération poursuivra ses efforts.
 
Le rapport du Conseil Fédéral: La santé des personnes LGBT