Suisse

Un village se mobilise contre «l’aire de la honte»

Oberbipp (BE) en appelle aux autorités fédérales afin qu’elles le débarrasse de l’aire d’autoroute qui porte son nom. Le site, très délabré, serait un peu trop prisé des amateurs de rencontres homosexuelles.

Ce n’est pas pour rien que depuis des décennies, les aires d’autoroute sont des lieux privilégiés des rencontres entre hommes. Espaces anonymes, isolés et malgré tout aisément accessibles, on les pensait en marge du monde. Pas tant que ça. Depuis quelques temps, les autorités semblent de plus en plus préoccupées par le bal qui s’y mène. A Fribourg depuis cet été, des gendarmes tentent d’intimider les usagers en relevant les plaques d’immatriculation des voitures stationnées sur le site de La Tuffière. Plus récemment, dans le canton de Berne, une petite commune en appelle aux autorités fédérales pour qu’elles la débarrasse d’une «tache» sur son nom: l’aire de repos d’Oberbipp-Nord, sur l’A1.

Il faut dire que cette installation est en triste état: graffitis obscènes, détritus, sol jonché de capotes, déprédations. «Ce n’est pas une jolie carte de visite pour notre village», soupire Kurt Zobrist, le maire d’Oberbipp, dans la «Berner Zeitung». Pire, les «clients spéciaux» s’égaient désormais dans les bois environnants, à la faveur d’une brèche pratiquée dans la clôture de l’aire d’autoroute. Plusieurs de ses 1500 administrés se seraient plaints cet automne.

Caméras bidons
A l’Office fédéral des routes, responsable de ces aménagements, on a bien enregistré l’appel de détresse d’Oberbipp: une nouvelle entreprise de nettoyage a été chargée de prendre soin des installations. Quant à la «clientèle spéciale», elle est désormais accueillie sur le site par deux caméras vidéos… bidons. Et de promettre la destruction et la reconstruction de l’aire de repos, prévue à l’occasion de l’élargissement de l’autoroute, dans quelques années. «On ne pourra pas attendre aussi longtemps», prévient Kurt Zobrist, inquiet.

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3 déc. 2011   Thèmes: Étiquettes : ,

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