Suisse

Dessine-moi ton candidat

A un mois des élections fédérales, quelle place tiennent encore les revendications gay, lesbiennes, bi et trans dans les choix politiques individuels? Quatre électeurs romands concernés par ces thèmes répondent.

Comme lors des élections de 2007, les candidats aux Conseils National et des Etats affichent leurs orientations en matière de droits LGBT. Ce smartvote version gay, mis en place par Pink Cross et LOS, est censé aider les citoyens sensibles à cette thématique à choisir leurs représentants. Mais encore faudrait-il que cette dimension joue toujours un rôle important dans les orientations politiques des électeurs.
Dans une période marquée par d’importants bouleversements tels que la sortie du nucléaire ou la les crises budgétaires, quelle place occupent encore ces sujets dans les préférences électorales? Si des études ont démontré que l’orientation sexuelle a longtemps constitué un important déterminant sociologique conditionnant le vote, la normalisation de l’homosexualité dans les sociétés modernes pourrait réduire l’influence de cette identification. Nous avons donc rencontré quatre électeurs, directement ou indirectement concernés par l’homosexualité, qui nous parlent de leur rapport à la politique et de l’importance que revêtent pour eux les thèmes liés à la communauté LGBT.

Quentin, 25 ans, journaliste

Que représente la politique pour vous?
Je m’intéresse à la politique depuis 4 ou 5 ans mais ne pense pas être très représentatif des autres homosexuels. Sans pour autant m’identifier à un parti, je me sens proche d’une droite décomplexée. J’ai d’ailleurs plusieurs amis gays français qui voteront pour Marine Le Pen en 2012. De mon côté, je me considère comme un patriote très attaché à l’héritage de notre Nation et à la démocratie directe.
Dans vos orientations, quelle importance revêtent les thématiques LGBT?
Il y a des sujets bien plus importants que les thématiques LGBT, comme la formation, l’emploi ou la politique d’immigration. D’ailleurs, la communauté gay se trompe de cible dans son combat contre l’homophobie en ignorant le danger que représentent les immigrés issus de cultures souvent hostiles à l’homosexualité. Mais il est sans doute plus facile d’organiser un kiss-in devant une église que devant une mosquée…
Sur quels critères basez-vous alors vos choix électoraux?
Je suis sensible à la compétence des candidats, ainsi qu’à leur attachement aux valeurs de notre pays, notamment le secret bancaire, l’égalité des chances ou le respect d’autrui. Je suis profondément anti-communautariste. La seule communauté qui existe est la communauté nationale. Je voterai pour des candidats qui se battent pour notre liberté au milieu d’une Europe qui s’est constituée contre la volonté des peuples.

Thérèse, 85 ans, retraitée

Quelle place la politique occupe-t-elle dans votre vie?
J’ai donc toujours baigné dans ce milieu. Mais, dans le Valais de l’époque, il fallait être PDC pour accéder aux fonctions. Le curé promettait même l’enfer à ceux qui n’adhéraient pas à leurs idées. A partir de là, j’ai développé un esprit de contradiction. Dès les années 60, je me suis affirmée comme socialiste. A mon arrivée à Lausanne, j’ai été très marquée par l’élection d’Yvette Jaggi comme syndique qui marquait un tournant pour le droit des femmes. Les socialistes, pour moi, ont toujours défendu les ouvriers, les marginaux ou ceux qui sortent de la norme.
Aujourd’hui, quelle importance accordez-vous aux revendications féministes?
Elles ont été très importantes durant de nombreuses années. Mais, à présent, les choses ont beaucoup changé. Regardez le Conseil fédéral! On doit certainement rattraper les années où les femmes ont été mises de côté de la politique, de la formation. Toutefois, je ne voterais pas pour un politique parce que c’est une femme, ce n’est plus d’actualité.
Et les thématiques LGBT, quelle place ont-elles dans vos orientations politiques?
J’avais pris publiquement position lors de la campagne sur le partenariat enregistré en 2005 dans le cadre d’un article de journal. Comme je suis directement concernée par la problématique avec l’un de mes petits fils, ce combat me tenait à coeur. Etant très pratiquante, certains fidèles m’ont demandé comment j’osais encore aller à l’Eglise avec ces positions. Mais, tout comme pour les femmes, la situation des homosexuels s’est très nettement améliorée et le sujet est aujourd’hui davantage accessoire dans mes choix électoraux.

Francis, 47 ans, gérant de commerce

Quel rapport entretenez-vous avec la politique?
La politique est devenue importante pour moi dès la trentaine. Je m’énerve suffisamment contre ceux qui s’abstiennent pour toujours faire l’effort de m’informer et de participer. Je ne me sens pas vraiment proche d’un parti en particulier. J’évalue plutôt les parcours de chaque candidat et leurs propositions par rapport à des thèmes qui me tiennent à coeur comme la formation, la culture, les politiques sociales ou l’économie.
Dans vos choix électoraux, quel rôle joue les positions des candidats par rapport aux thématiques LGBT?
S’ils défendent la communauté, je serais plus susceptible de les soutenir. Ces sujets sont pour moi plus importants aujourd’hui qu’hier car il s’agit d’être très vigilants quant à la préservation de nos acquis. Au niveau des nouvelles revendications, je ne suis pas contre le droit à l’adoption mais ce n’est pas un sujet pour lequel j’ai envie de me mobiliser. J’aimerais que l’on parle plus de santé gay – notamment au niveau des droits des séropositifs ou de la prévention – et des discriminations, ainsi que des questions trans.
Pourriez-vous voter pour un politique qui correspond à vos attentes, sauf sur la question des droits LGBT?
Encore une fois, je n’ai pas de position suffisamment tranchée pour baser mon choix par rapport à la question de l’adoption par les homosexuels. Toutefois, à compétence égale, j’opte en général pour une personne qui soutient la cause homosexuelle et ne pourrais jamais apporter ma voix à une personne ou un parti ouvertement hostile à la communauté.

Sabrina, 26 ans, biologiste

Comment vous situez-vous de manière générale par rapport à la politique?
Durant mon adolescence, bien que m’identifiant déjà comme lesbienne, je ne m’intéressai pas du tout à la politique ou aux droits LGBT. Vers 18 ans, lorsque j’ai pris conscience qu’aucune loi ne réprimait les injures ou violences à caractère homophobe, cela m’a poussée à m’informer d’avantage. Tout comme le fait d’être particulièrement soucieuse de la préservation de l’environnement. Ces deux dimensions me rendent également plus sensible aux questions relatives aux droits de minorités en général.
Quelle importance attachez-vous aux questions des droits LGBT?
Je dois avouer que mon souci premier reste l’écologie. Toutefois, certains Verts se montrent assez conservateurs en glorifiant la famille traditionnelle, ce qui ne me convient pas. Par rapport aux thématiques LGBT, je suis particulièrement sensible aux questions des discriminations et à la création d’une loi punissant les actes ou propos homophobes. Tout comme le fait que l’école éduque les enfants par rapport à l’homosexualité. Le mariage ou l’adoption constitue pour moi des préoccupations secondaires.
Quel rôle peuvent jouer les positions des candidats vis-à-vis des thématiques LGBT quant à vos choix électoraux?
Comme il est difficile de trouver un candidat qui satisfasse toutes nos préférences, je pense que cela passera au second plan par rapport à la protection de l’environnement. Idéalement, je préférerais une personne qui soit sensible aux deux causes mais il me semble que cela n’existe pas. D’autant plus que peu de candidats se profilent politiquement par rapport aux droits LGBT.

(Article paru dans le magazine 360° de septembre 2011)

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9 sept. 2011   Thèmes: Étiquettes : , ,

8 comments

‎ »il est sans doute plus facile d’organiser un kiss-in devant une église que devant une mosquée ». Eh bien jeune homme, soit Quentin, pour un journaliste vous voilà bien mal renseigné…

A Sion, lors du Kiss in organisé en 2010, l’église catholique avait réagi bien plus violemment que l’imam qui avait été contacté.
Perso, je n’a jamais vu de musulmans avec des pancartes homophobes défiler contre une Pride, par contre, j’ai maintes fois croisé des intégristes catholiques brandir des crucifix à notre passage…

Ne vous trompez pas d’adversaires, le danger ne vient pas de l’origine mais bien plus du fanatisme religieux. Et des comme ça, il y en plein les bancs d’églises, aussi chez nous! Les « Logean et consorts » sont de bons suisses, ne vous en déplaise…

« le danger que représentent les immigrés »

vs

« l’égalité des chances ou le respect d’autrui. »

Il n’y aurait pas là comme une contradiction ?

@Lanthermann Barbara

en lisant vos propos : « Perso, je n’a jamais vu de musulmans avec des pancartes homophobes défiler contre une Pride »

Sachez que la raison pour laquelle les musulmans ne viennent pas avec des pancartes manifester contre les Prides est simple , faites donc une recherche sur les avis de la communauté musulmane sur le sujet de l’homosexualité en occident et vous découvrirez que :

Les musulmans considèrent l’homosexualité comme un fléau qui n’existe pas parmi chez eux , ils le considèrent uniquement comme un fléau non-musulman et occidental , ils considèrent que ce fléau fait partie de la dégénérescence du monde occidental , qui par sa décadence va inévitablement vers sa fin.

Pour les musulmans, ceci est une bonne chose car le fait que les occidentaux (hétérosexuels) fassent de mois en mois d’enfants et que la communauté homosexuelle occidentale s’agrandisse, aura pour conséquence que cette population occidentale décadente se fera petit à petit remplacer par des musulmans , qui eux sont sains et font beaucoup d’enfants (donc de futurs petits musulmans), qui seront aussi éduqués à l’islam et feront donc à leur tour beaucoup d’enfants et ainsi de suite.

C’est pour cette raison que les musulmans n’objectent pas à l’homosexualité des « décadents » occidentaux , car à leurs yeux , c’est par cette décadence que les occidentaux iront à leur décroissance, mais au profit de la croissance du peuplement de l’occident par les musulmans.

D’ailleurs à propos des couples occidentaux qui font de moins en moins d’enfants et de la communauté homosexuelle qui s’agrandit , les musulmans disent généralement :

« continuez à faire de moins en mois d’enfants et de faire prospérer vos homosexuels , pendant ce temps , nous musulmans compensons votre décadence en faisant de plus en plus d’enfants , un jour l’Europe renaitra par l’islam »

@Tanzman

Non, il n’y a aucune contradiction. Je suis en effet du même avis que ce Quentin. Les immigrés sont une menace pour notre société. En voulant imposer leur culture, ils ne respectent pas leur pays d’accueil.. Regardez ce qu’il se passe en France où l’immigration a tué la laïcité de la République. Voulons-nous aussi qu’en Suisse, le porc disparaisse des cantines ? Voulons-nous que des agneaux soient égorgés vifs en direction de la mecque ? Voulons-nous que nos rues se ferment le vendredi afin d’accueillir des prières ? Voulons-nous que les femmes soient obligées de porter des burqas dans certains quartiers de non-droit ? Voulons-nous que le homosexuels soient tabassés ?

Regardez donc cette vidéo ! Voilà comment les homosexuels seraient traités dans les rues de Lausanne de Genève si les socialistes et les Verts étaient au pouvoir !

http://www.youtube.com/watch?v=1xc0YskEpio

Meilleures salutations et bien des choses.

Trudy Bolt

Perso, je n’ai jamais entendu aucun représentant des musulmans de Suisse appeler au tabassage d’homo. Cela relève du pur fantasme, et les exclure pour un tel prétexte alimente leur sentiment de repli et de victimisation (domaine dans lequel nous sommes aussi très forts).
Et s’ils ne nous aiment pas, la fraternité saint Pie X et les UDC d’Hérémence non plus, comme le rappelle très justement Barbara.

@ superstronzo,

après lecture de votre phrase :

« je n’ai jamais entendu aucun représentant des musulmans de Suisse appeler au tabassage d’homo »

je répondrais que chez nous , ce ne sont évidemment pas les représentants de la communauté musulmane qui vont appeler au tabassage d’homos , ils ne sont pas fous , ils n’ont pas envie se faire balayer par la réplique de l’opinion publique suisse à un tel appel .
de plus chez nous (contrairement à chez eux) ils préfèrent laisser les Gay Prides d’homosexuels occidentaux s’embourber dans la dégradation qui menera le monde occidental décadent à son auto-dissolution , pour les raisons que j’ai expliquées dans mon commentaire précédent.

mais malgré cela , les musulmans de chez nous (comme tous les musulmans) détestent farouchement les homosexuels et considèrent qu’ils doivent être punis (selon l’islam), et donc , ils ne peuvent parfois pas se retenir de leur infliger des corrections et de rendre ainsi justice à l’islam.
il y a donc évidemment des agressions (surtout par les jeunes musulmans en bandes) , et également surtout si l’homosexuel est un rejeton indigne de leur famille.

D’ailleurs chez eux , il est clair que si une manifestation style Gay Pride s’organise en terre musulmane , les manifestants seront physiquement agressés, voir caillassés par la population.

Superstronzo (qui porte bien son pseudonyme) devrait essayer d’embrasser une personne de même sexe dans une région où les musulmans sont majoritaires. Il y a de nombreuses banlieues françaises où il pourra faire l’expérience.

J’espère simplement pour lui qu’il ne sera pas tué à cette occasion.

en relisant cet article, dont la citation de Quentin :

« Je voterai pour des candidats qui se battent pour notre liberté au milieu d’une Europe qui s’est constituée contre la volonté des peuples. »

et la citation de Sabrina :

« Je dois avouer que mon souci premier reste l’écologie »

je dirais qu’il est clair qu’aujourd’hui , l’Europe et ses règles dictées par Bruxelles se calquent très nettement sur le modèle Américain.
Certains partis Suisses « pro-européens »et soit disant « écologistes » se font happer et berner par l’appât d’un modèle européen régit par les décisions prises par le siège de Bruxelles qui est totalement anti-écologiste , pro OGM , et pro Nanotechnologies .

et que lorsque la Suisse sera intégrée dans l’Europe , nous aurons dans nos rayons de supermarché des aliments européens transgéniques OGM , etc. (dont par exemple certaines patates transgéniques dont la culture a déjà été autorisée par Bruxelles au début 2010 ):

http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/03/02/la-commission-europeenne-s-apprete-a-autoriser-la-commercialisation-d-ogm_1313163_3214.html

un an et demi après l’autorisation Européenne de cultiver des OGM , à Bruxelles la cour européenne de justice vient d’imposer son dictât de pression contre la France qui a osé décidé (sans l’accord européen) d’instaurer un moratoire des OGM et d’interdire le mais Monsanto en France :

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20101130trib000577749/le-moratoire-francais-sur-les-ogm-retoque.html

http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/mais-monsanto-l-ue-critique-les-mesures-francaises_1028094.html

quand aux Nanotechnologies , dont la recherche européenne espère obtenir les brevets sur l’élaboration de ces technologies menant à un nouveau marché économique européen majeur , je vous laisse prendre connaissance (sur le lien suivant ) d’une estimation scientifique des probables conséquences dramatiques des nanotechnologies sur l’environnement (6 documents PDF ) :

http://www.scribd.com/doc/49984866/Nexus-40-Nanotechnologies-cap-vers-l-infiniment-inquietant

ces documents sont téléchargeables par ce lien .:

http://www.nexus.fr/affichepapier.php?id=329&ref=NXSMAG040&idpro=40

alors, est-ce donc vers ce genre de modèle soit-disant progressiste que l’on essaie de nous orienter pour le bien de nos futurs générations ???
est-ce vers ce modèle europeen qu’essaient de nous diriger certains partis qui brandissent des revendications des droits homosexuels (auxquels j’adhère) , mais qui parallèlement brandissent également des revendications d’adhésion à un modèle européen totalement destructeur envers l’environnement ?

je rappellerais que aujourd’hui , rien que par le fait de son adhésion à l’espace Schengen , la suisse s’est déjà fait imposer le « principe du cassis de Dijon » par l’Europe , lui imposant des produits alimentaires européens qui ne correspondent pas aux normes initiales suisses concernant la qualité des aliments et le seuil de toxicité (pesticides) autorisés en Suisse dans les aliments :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_du_cassis_de_Dijon

bonne journée à tous.

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