Chroniques

Réflexions, poséx dans mon lit

Par

Dr. Hazbi est enseignant·x universitaire, politicien·x, artiste et curateur·x. Son téléphone est bourré de réflexions qu’iel s’empresse de retranscrire, couche par couche.

Couche #8
Je trouve que nos espaces militants, bien qu’ils essaient d’être safe, ne le sont pas du tout. Je ne me sens pas en sécurité d’exprimer une opinion divergente, je ne me sens pas en sécurité de poser une question qui pourrait paraître conne. Je trouve ça dommage que pour des environnements qui se veulent inclusifs et ouverts, il n’y ait de la place que pour celles·eux qui suivent certains dogmes. Il faudrait plutôt qu’on accepte que les personnes ne sont pas sur le même chemin de déconstruction, que les identités et idéologies queer sont plus diverses que ce qu’on imagine, que ces espaces deviennent plutôt des espaces d’apprentissage collectif que de diffusion de la seule et unique bonne parole.

Couche #9
La Chine.

Couche #10
De plus en plus, je me rends compte que les personnes que je garde dans mon entourage ont deux valeurs fondamentales: la bonté et la surprise. J’aimerais m’arrêter sur la bonté, parce qu’elle permet de mettre en lumière certaines choses qui manquent dans nos communautés queer. On passe plus de temps à s’assurer que les personnes sont intersectionnelles ou utilisent le bon verbiage politique, plutôt que de s’assurer si la personne est bienveillante, si elle t’écoute avec empathie, si elle a une envie authentique que tu te sentes bien. La déconstruction et la pensée critique sont un pas vers le bien-vivre ensemble, mais elles sont loin d’en être le gage. J’ai l’impression qu’elles sont plus utilisées comme marqueur social, pour montrer qu’on est au top de la réflexion académique et politique ou pour faire sa propre promotion sur les réseaux sociaux. C’est pour ça qu’une stature de justicier∙e∙x social∙e∙x n’est plus suffisante pour moi. Il faut avant tout qu’on soit dans le care, le vrai.

Couche #11
Les mails m’excitent bien plus que les messages privés.

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