Chroniques

Réflexions, poséx dans mon lit

Par

Dr. Hazbi est enseignant·x universitaire, politicien·x, artiste et curateur·x. Son téléphone est bourré de réflexions qu’iel s’empresse de retranscrire, couche par couche.

Couche #5
La variation, la déviance, la variance, la différence. Toutes ces choses qui ne sont acceptées que pour le divertissement, dans un clip de musique, sur scène, dans un espace virtuel, bien délimité, fictif. Levée de rideaux, levée de boucliers.

#6
Une des choses que j’ai le plus dite ces dernières semaines, c’est de ne pas hésiter à avoir recours à un traitement médicamenteux si ça ne va pas et qu’on en a les moyens. Je sors d’une dépression de trois ans et comme toutes les personnes de mon entourage avec qui j’en ai parlé, j’ai essayé toutes les thérapies alternatives (kiné, massage métamorphique, sorcellerie, etc.). Je trouve génial qu’on essaie de s’empouvoirer à travers des moyens moins traditionnels, plus ésotériques. Mais j’ai remarqué que dans mon cas, comme celui de beaucoup d’autres, parfois le problème est biologique et ce n’est pas qu’un traitement spirituel ou cognitif qui va le changer.

#7
Il faudra quand même un jour qu’on se pose la question de la désirabilité, tout autant qu’on thématise nos corps et leurs expressions de genre, leurs (in)validités, leurs couleurs. Notre addiction à la beauté conduit à l’esseulement des personnes qui sont en dehors des canons de beauté. Elle conduit à une hiérarchisation entre les cools et les autres qu’on ne regarde même pas. Elle est mère de l’obsession avec les corps lisses, propres, sains, musclés. Elle, qui pousse tant de personnes à somatiser, à surcompenser avec le sport et les autres instruments de la beauté pour ne pas finir invisibles. Il faut se rendre compte qu’une personne qui est moins désirable sera en position de faiblesse dans une relation (poly)amoureuse. La désirabilité doit être prise en compte dans l’intersection des dynamiques de domination et d’exclusion.

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