Chroniques Chants nocturnes

Encore et encore…

20 sept. 2020

Autoportrait d’après une fresque de Pompéi - Sappho

“Ich bin von Kopf bis Fuss auf Liebe eingestellt, denn das ist meine Welt und sonst gar nicht. Das ist, was soll ich machen, meine Natur. Ich kann halt lieben nur und sonst gar nichts.”
Friedrich Hollaender – Der blaue Engel

Il est des sujets sur lesquels je me refuse de réagir. Sur les réseaux sociaux, du moins. Et spécialement ces temps, depuis un certain temps, juste après celui, suspendu, où tant de personnes prétendaient que rien ne serait comme avant, que le Monde ne pourrait qu’être meilleur, que tout serait autrement, que la solidarité, l’écoute et la compréhension de l’Autre seraient grandes, tout comme serait plus fort le lien qui relie les humain·e·s. Vous-vous en souvenez, de ce temps? Il me semble si loin; le voilà déjà enterré sous les décombres, les strates de jugements hâtifs et d’insultes. Je fais donc silence; non que je n’aie rien à dire ou que je craigne qu’on me catégorise dans tel ou tel camp mais justement parce que je ne veux être confinée ni ici, ni là. En ces lieux mortifères où règne la discorde injurieuse. En insultant les autres, c’est d’abord soi-même qu’on insulte. Et, la plupart du temps, on ne se rend pas compte que c’est en notre propre chair que le venin s’instille, que la douleur s’insinue. Et le serpent se mord la queue, le cercle infernal tourne sur lui-même. On se focalise, il nous faut un·e responsable: l’Autre. Parce que ce n’est pas nous, non, jamais. Et l’insulte appelle l’insulte; chacun·e pense tenir les rênes et personne ne maîtrise sa monture. À ce bal de violences en tous genres, je ne veux danser. Jusqu’à quand résisterai-je, je ne sais, tant en moi la lassitude opère. Je ne suis pas de marbre. Alors, bien sûr, ça m’échappe parfois, quand mes nerfs sont à ce point mis à vif qu’il m’est impossible de les apaiser. Mais j’essaie du moins et me concentre sur ce que je sais vouloir offrir et partager, en toute bienveillance.

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