Monde États-Unis

La communauté LGBTQ américaine perd son héroïne

19 sept. 2020

Juge à la Cour suprême dont la voix avait été décisive dans de nombreux combats pour l’égalité, Ruth Bader Ginsburg s’est éteinte hier à 87 ans.

La hantise de beaucoup d’Américain·e·s s’est réalisée au pire moment possible. La juge à la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg s’est éteinte hier des suites d’un cancer du pancréas. Elle avait 87 ans. «Notorious RBG» était une figure d’autorité et de courage, qui s’était imposée comme une alliée des femmes et des minorités aux États-Unis.

La communauté LGBTQ a été une des premières à lui rendre hommage. «Nous sommes si reconnaissant·e·s de tout ce qu’elle a fait pour les personnes LGBTQ, pour les femmes, pour notre capacité à contrôler nos propres corps, pour tout ce qui nécessite de mettre la liberté en avant dans ce pays», a expliqué Rea Carey, directrice exécutive de la National LGBTQ Task Force, citée par le Washington Blade.

De nombreuses personnalités LGBTQ du monde de la société civile, du show-business ou du sport se sont jointes aux hommages à la femme de loi new-yorkaise.

Au cours de ses vingt-sept ans à la Cour, la voix de Ruth Bader Ginsburg avait été décisive pour l’abolition des dernières lois anti-sodomie, pour l’instauration du mariage égalitaire au niveau national (elle en avait même célébré un en 2013) et pour l’inclusion des LGBTQ dans les lois anti-discrimination.

Héritage

«Elle était notre championne et l’architecte d’une vision de l’égalité des sexes qui était suffisamment large pour inclure les personnes LGBT. Sans son influence et son héritage, aucune de ces décisions historiques n’aurait été possible», a salué Shannon Minter, directrice juridique du National Center for Lesbian Rights.

À un mois et demi d’une élection présidentielle à haut risque, cette disparition laisse théoriquement le champ libre à Donald Trump pour nommer (et faire avaliser par le Sénat) une personnalité conservatrice, susceptible d’ancrer l’instance à droite de façon durable. En effet les juges à la Cour suprême sont nommés à vie. Les conséquences pourraient être très graves, en particulier pour le droit à l’avortement et les systèmes de protection des LGBTQ, dans le collimateur des Républicains. Mais aussi en cas de contestation des résultats du scrutin du 3 novembre.

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