Chroniques Chants nocturnes

Demain?

8 juin 2020

Autoportrait d’après Amedeo Modigliani

Nous ne sommes en rien des objets soumis à quelque destin, mais des passagers conscients et mortels, agissant sur cette planète. Nous sommes des dépositaires et passeurs d’expériences, de savoirs, échangeant en projections leurs questionnements, leurs ambitions, leurs idées, rêves et idéaux, leurs luttes et combats pour avancer en résonances, par nos unicités partagées.

Albert Jacquard: «Réinventons l’humanité»

Difficile de dire à quel point cette période étrange que nous avons traversée, que nous traversons encore, nous aura transformé·e·s et quelles sont, seront ces transformations. Les paradigmes de l’humaine société s’inverseront-ils? Ou pas? À nous de voir? À nous, vraiment? Nous qui avons aperçu une trouée dans le ciel parfaitement prévisible de la normalité oppressive, qui sait trop bien la nature humaine pour croire en une métamorphose qui ferait de chacun·e autre chose qu’une victime ou un·e bourreau mais juste ce que l’être devrait être: un·e être, justement? Nous sentons-nous capables de cet effort, à la fois simple et prodigieux, qui nous extirperait de la gangue dans laquelle nous sommes empêtré-es depuis les premiers instants de notre espèce? Sommes-nous prêt·e·s à nous en écarter pour ne laisser exister en nous que bienveillance, altérité, sens de l’équité et du partage, chassant de notre esprit toute notion de hiérarchie, de condescendance, de désir de possession de qui ou de quoi que ce soit, refusant toute tentation de détenir pouvoir et dominance? Sommes nous prête·s à réaliser cette merveilleuse utopie que j’appelle de mes vœux depuis si longtemps, moi la rêveuse, la si peu réaliste, la trop aisément pessimiste? Je ne sais, vraiment. Mes états d’âme, à chaque réveil, sont en montagnes russes; parfois c’est oui, parfois non, parfois oui et non, oui mais non et rien de ce que je vois n’emporte ma balance vers l’un ou l’autre côté. J’aimerais, d’un coup de baguette magique… J’aimerais.

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