Indétectable = Intransmissible

Une personne séropositive sous traitement ne transmet pas le VIH y compris lors de rapports sexuels, quels qu’ils soient.

Face à cette réalité scientifique aujourd’hui incontestable, il est temps de nous interroger sur nos représentations sur la transmission du VIH et la vie avec le virus. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons contre carrer la sérophobie et ses conséquences ; en premier lieu pour les personnes séropositives et leurs proches mais également pour chacun·e d’entre nous.

En 2008, la commission fédérale pour la santé sexuelle publiait ce qui était alors observable dans les services spécialisés. Cela fait déjà 10 ans que les personnes séropositives ont appris que, grâce au traitement, leur charge virale était indétectable et que dès lors il n’y avait plus de risque de transmission du VIH à leurs partenaires sexuel·le·s. A l’époque, la déclaration suisse (Swiss statement) avait fait l’objet de critiques et d’attaques. Depuis, plusieurs études ont progressivement apporté le socle scientifique nécessaire pour obtenir aujourd’hui une certitude inconditionnelle et incontestable:

I = I : Indétectable = Intransmissible U = U : Undetectable = Untransmittable

Les dernières données ont été publiées en juillet 2018 à l’occasion de la conférence internationale d’Amsterdam. Les données de l’étude Partner 2 venaient confirmer qu’il n’y avait aucune transmission du VIH lors de rapports sexuels anaux sans préservatif entre deux hommes dont l’un était séropositif avec une charge virale indétectable. Pour les personnes séropositives, le traitement efficace est synonyme de préservation de leur santé mais aussi la fin de la peur de transmettre le virus à leurs partenaires. Cela leur ouvre la perspective d’avoir une vie sexuelle et une vie de couple comme tout un chacun et – pour ceux et celles qui le souhaitent – la possibilité d’avoir des enfants sans devoir recourir au lavage du sperme et/ou à une césarienne.

Si les progrès de la science ont largement permis d’améliorer la santé et la qualité de vie des personnes infectées et affectées par le VIH, le poids social reste lourd. Des personnes séropositives sont encore aujourd’hui la cible de discriminations et bien plus encore restent dans le secret pour éviter de devoir y faire face y compris de la part de leurs proches. Cette angoisse d’être découvert·e·s, les violences vécues et l’isolement qui peut en découler ne sont pas sans incidence sur la santé des personnes concernées.

En vue de mettre fin à cette situation, l’Aide Suisse contre le Sida lance une campagne nationale afin de porter à la connaissance de l’ensemble de la population ce message simple:

Une personne séropositive sous traitement ne transmet pas le VIH, y compris lors de rapports sexuels

Au sein de nos communautés, il n’est pas acceptable que le statut sérologique des individus fasse l’objet de rumeurs ou encore que les personnes séropositives qui se dévoilent soient la cible de rejet y compris de la part de (potentiel·le·s) partenaires sexuel·le·s rencontré·e·s sur une app ou dans un espace de rencontre.

Entre 15% et 20% des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes résidant en Suisse se savent séropositifs. Ils prennent leur traitement et ne sont pas à l’origine des nouvelles infections. Le VIH est transmis par des personnes qui se pensent séronégatives alors qu’elles sont porteuses du virus sans le savoir faute de dépistage. Chacun·e devrait connaître son statut sérologique pour pouvoir agir en conséquence et préserver sa santé ainsi que celle de ses partenaires.

A l’occasion de la 30e journée mondiale sur les enjeux liés au VIH/ sida, la campagne de l’Aide Suisse contre le Sida invite chacun·e d’entre-nous à s’informer sur la réalité du VIH aujourd’hui, à s’interroger sur ses représentations et ses (ré)actions vis-à-vis du VIH et des personnes séropositives.

La sérophobie ne protège pas du VIH, le traitement oui!

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