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Hormoz Borbor: l’innocence barbare

Né à Téhéran, Hormoz Borbor arrive en France à l’âge de 10 ans. Adolescent, il est fasciné par les films d’horreur, mais selon lui cette attirance est due à son enfance passée en Iran. Pays natal qu’il a récemment redécouvert et où, dit-il, «la violence quotidienne se lit sur les visages...» A 22 ans, il rêve de faire du cinéma et commence par la photo, dont il vit aujourd’hui. Cet été devrait débuter à Paris le tournage de son premier long métrage: «J’ai rêvé sous l’eau».

Sol nu, bétonné, mur entier tapissé d’images arrachées dans des magazines, entre squat et atelier, l’appartement d’Hormoz Borbor est un lieu hybride. Accumulateur compulsif d’objets fétiches et d’icônes en tous genres, les héros de série Z côtoient les monstres les plus sacrés… Flash, un boa constrictor, a succédé à Iggy, l’iguane qui a été son compagnon pendant ses années Pop. Contemplatif, Hormoz Borbor explique: «J’aime la beauté et le calme des reptiles et j’aime leur indépendance, même s’ils reconnaissent ton odeur, ils ne s’attachent jamais vraiment à toi…» Parmi les œuvres cultes auxquelles il voue le sien: Pulsions (Dressed to kill) de Brian de Palma et Psychose d’Alfred Hitchcock. Deux morceaux d’anthologie pour leur similitude entre les scènes de meurtre: ascenseur et cabine de douche. Hormoz Borbor explique qu’il est fan de l’interprétation de cette scène de Psychose par Gus Van Sant et qu’il aimerait aussi s’en inspirer, mais ce qui l’intéresse par-dessus tout c’est l’élimination du protagoniste dès le début du film, ce qui bouleverse les codes du cinéma hollywoodien. Primitif, le monde d’Hormoz Borbor est peuplé de personnages incarnant une forme d’érotisme à la fois cruel et bestial. Mais la naïveté qu’il revendique lui permet aussi d’éviter les écueils d’un univers onirique, toujours ambivalent.
Sous ses airs d’adolescent attardé, Hormoz Borbor n’en est pas à son premier coup de griffe. Après deux films concoctés avec des moyens amateurs, il a réalisé, en 1997, Les Lèvres Bleues, un court métrage de 25 minutes qui lui a permis de se faire connaître dans des festivals français et étrangers. Depuis 2001, il planche sur le scénario de son premier long métrage, J’ai rêvé sous l’eau, produit par Les Films de la Chouette. Trois ans d’écriture avant de lancer le casting. Un rôle de composition selon accord de principe pour Vincent Martinez (L’Ecole de la chair – La Confusion des genres) qui devra se fondre dans la peau d’un garçon dont le parcours initiatique, sexuel et amoureux, l’amènera à se forger son identité d’adulte. Un passage, ou plutôt une «mue», de l’enfance à la maturité qui, selon Hormoz Borbor, ne laisse pas sans séquelles. Il évoque d’ailleurs Les Nuits fauves pour donner une idée du climat de son film, dont la volonté est de décrire «l’univers de la nuit, des drogues et des sexualités parallèles…» Sujets déjà omniprésents dans son travail photographique, Hormoz Borbor porte pourtant aujourd’hui un nouveau regard sur les milieux noctambules et notamment depuis qu’il fréquente les clubs parisiens pour des commandes de magazines. «Au début, dit-il, mes photos avaient un caractère SM, très mis en scène, mais avec ce travail de commandes, j’ai dû apprendre à être plus soft et surtout à improviser.»
D’ici au tournage de son film, Hormoz Borbor continue ses virées nocturnes pour Nova Magazine et Emale, et notamment au Club 79, sur les Champs-Elysées où ont lieu les soirées Under: «L’une des meilleures afters en ce moment…» Et si son regard a changé, c’est aussi depuis qu’il est retourné sur les traces de son enfance: «Je reviens d’un séjour d’un mois en Iran, confie-t-il. A Téhéran, j’ai eu le sentiment que les visages étaient encore très marqués par le poids de l’Histoire et maintenant, j’aurais tendance à m’intéresser à un aspect plus social pour mon travail photographique. J’ai aussi eu un choc esthétique dans le désert du sud, dans la région du détroit d’Ormaz, car l’atmosphère y est assez fantomatique!»

Expo photo: collectif Queer Factory, du 22 juin au 17 juillet, infos: