Amusement public
A propos de TF1, du pacs et des élections fédérales...
Dans le registre reality show, TF1 nous gratifie d’une nouvelle émission intitulée «Scrupules». But du jeu: faire chauffer le public pour l’amener à dénoncer tous les comportements qui sortent du droit chemin, qui bafouent la morale judéo-chrétienne. Pas besoin de s’étendre sur le type de profil qui en prend pour son grade… Cet été déjà, le jeu «Greg le Millionnaire» (TF1 encore) avait déjà réussi l’exploit de réhabiliter le harem, la femme futile et une vision totalement machiste des rapports homme-femme sans que personne ne bronche. Une affolante régression contre laquelle il est bien difficile de se battre, déplorent aujourd’hui des féministes comme la réalisatrice Carole Roussopoulos.
Ces shows télévisuels sont retors car ils ne consistent plus seulement à exhiber l’homme-singe ou la femme à barbe dans la grande arène à audimat. Il s’agit désormais d’utiliser le «déviant» et d’exploiter les images normatives pour mieux réhabiliter, sous le couvert de l’amusement public, les valeurs les plus conservatrices.
Pour l’anecdote, une collaboratrice de Jean-Luc Delarue a récemment pris contact avec 360° car elle cherchait des témoignages. Titre de l’émission: «Faut-il s’inquiéter d’avoir un enfant androgyne?» (sic)…
La télé, bien sûr, n’est que le reflet de cette tendance. En Suisse, à l’heure d’un autre show, celui des élections fédérales, une question se pose dans ce climat pervers: que faut-il voir dans l’engagement quasi unanime des partis, droite comprise, pour la promotion du couple homo? Une réelle ouverture d’esprit? Ou le signe, comme le défendent les pink anarchistes, que les «déviants» se sont déjà fait récupérer? Pas sûr néanmoins que le partenariat, contrat civil qui permet notamment aux partenaires étrangers de rester en Suisse, doive forcément être perçu comme une norme bourgeoise. En revanche, comme le dit Christiane Brunner, la récente et très médiatisée affaire Esther Brunner, candidat devenu candidate dans la course aux élections fédérales, a montré où se trouvent les vraies limites de la tolérance du monde politique.
