Lesbian Space Princess, une aventure cosmique déjantée

Débordant d’imagination et de créativité, ce film d’animation australien, Teddy Award à la Berlinale, navigue entre audace folle, saphisme assumé et humour cru. L’ensemble est mené à un rythme infernal.
Fille de deux reines lesbiennes, Saira, princesse de l’espace lesbienne vivant sur la planète Clitopolis. est dévastée. Sa petite amie Kiki, chasseuse de primes, vient de la larguer, la trouvant ennuyeuse et collante. En effet, contrairement à ses mères exubérantes et noceuses, Saira est introvertie, constamment angoissée et se confine chez elle. Elle va pourtant devoir se bouger en découvrant que Kiki a été kidnappée par trois ridicules mecxtraterrestres blancs hétéros.
Ces derniers, bannis depuis des âges, sont nostalgiques du temps où les hommes régnaient en maîtres. Pour attirer des femmes, ils ont commandé un chick magnet («aimant à poulettes»). Sauf qu’il leur a été livré sans pile. Laquelle est justement la labrys de Saira, une hache à double tranchant que chaque membre de Clitopolis peut invoquer grâce à sa confiance en soi. Malheureusement, Saira en manque singulièrement. Se faisant violence pour sortir enfin de sa coquille, elle décide de se lancer dans une quête galactique pour sauver son ex-copine.
Récit d’apprentissage et comédie romantique loufoque
Au cours de cette aventure queer rocambolesque et ludique, premier long métrage d’animation des Australiennes Emma Hough Hobbs et Leela Varghese, la princesse de l’espace va rencontrer une foule de personnages et de situations des plus excentriques. Tenant à la fois du récit d’apprentissage et de la comédie romantique farfelue, Lesbian Space Princess navigue entre audace folle, saphisme assumé (un rien lourdement) et humour absurde, souvent balancé crûment. Se moquant de tout, les deux réalisatrices nous plongent également dans un univers déjanté, foisonnant de couleurs, débordant d’imagination, d’inventivité, de créativité, bourré de références à la culture pop. Et dont le rythme infernal a parfois tendance à nous mener au bord de l’épuisement!
