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Zaho de Sagazan parle amour, fatigue et pause nécessaire

Zaho de Sagazan parle amour, fatigue et pause nécessaire
© Zaho de Sagazan

Zaho de Sagazan est en train d'achever sa tournée symphonique, avant de prendre une pause de plusieurs années. L'occasion de la rencontrer une dernière fois avant longtemps, juste avant son passage fin octobre à l'Auditorium de Lyon. À noter que son concert symphonique filmé en mai dernier dans la même salle est toujours en ligne sur le site Arte.tv.

Zaho, cela fait des années que tu es en tournée. Combien de temps exactement?

Ça fait quatre ans, depuis octobre 2021.

Comment tu le vis?

Très bien (rires). Mais pour tout te dire, cette tournée symphonique tombe très bien parce qu’après dix Olympia fantastiques et quatre ans de musique électronique, on avait tous besoin d’avoir un nouveau souffle artistique. C’est tellement nouveau que ça donne la pêche. Mais ça n’empêche pas que je sois crevée et que j’ai quand même un peu hâte d’être en pause pour pouvoir faire d’autres choses, voir les gens que j’aime et puis surtout me poser dans un endroit stable. Je me dis que ça peut être bien d’être plus que deux jours par mois chez soi. Après j’ai la chance de travailler avec mes meilleurs copains, ce qui rendait la vie à bord du tour bus plus digeste ces quatre dernières années. Mais c’était comme vivre dans une cabine de bateau, ça bouge tout le temps, t’es jamais vraiment seule. Tu te couches tard, tu te réveilles chaque jour dans une nouvelle ville, tu rencontres tout le temps de nouvelles personnes. Je crois qu’on a tous quand même bien pris dix ans dans la gueule.

Ton concert symphonique est radicalement différent de tes concerts passés, pas seulement à cause de l’orchestre. Tout est très chorégraphié, tu as une perruque vertigineuse…

Ce sont deux spectacles complètement différents si on compare l’électronique et le symphonique. En concert électronique, je suis beaucoup dans l’improvisation. Et je suis une meuf normale sur scène qui pleure et qui fait la teuf. Et je passe mon temps à regarder les gens dans les yeux, à leur faire des câlins, à danser dans le public. Le symphonique, au contraire, on l’a beaucoup plus envisagé comme un opéra ou un conte fantastique. Je ne m’adresse pas une seule seconde au public, sauf à la fin. Pour la pipelette que je suis ça a été un gros challenge. (rires) J’arrive sur scène avec une perruque gigantesque, une cape, du maquillage, là où moi normalement je suis juste avec un petit cycliste et une queue basse, très basique. Pour le symphonique, je me permets d’être la drama queen que je suis un peu au fond de moi et de m’autoriser à pleurer et à jouer la folle. Il y a quatre mouvements dans le spectacle, comme quatre saisons. C’est l’histoire d’une fille qui va découvrir la vie, avec un côté fantastique comme dans “Alice au pays des merveilles”. C’est donc un peu ma propre vie: j’ai commencé à écrire ces chansons quand j’avais 15 ans et puis j’ai sorti l’album quand j’en avais 23 – ce sont des années où on découvre plein de choses. Ca commence avec l’été et l’innocence de l’adolescence, quand la seule chose qui m’intéressait, c’était de voir mes crushs dans les couloirs du lycée et de fumer des joints avec mes potes. Et puis j’aurais pu dire je t’aime à n’importe quel inconnu, en étant persuadée que j’étais folle amoureuse de lui.

À ce propos, après avoir longtemps chanté l’amour, et le manque d’amour, ça y est l’amour a débarqué dans ta vie il y a quelques mois. Tu veux bien nous en dire deux mots?

Ça fait partie de la magie de la tournée. Quand on a commencé notre tournée de zéniths en France, on a dû monter une plus grande équipe et passer de 16 à 40 personnes. Parmi ces nouvelles personnes s’est trouvé un petit garçon qui s’appelle Alvin, qui est technicien lumière. Ça m’est tombé dessus. Il s’avère que nos deux cerveaux ont beaucoup connecté, je pense qu’on est à peu près foutus pareil, alors après huit heures de discussion toutes les nuits sur la route, la chose est arrivée.

Est-ce que tu as composé de nouveaux morceaux sur la route?

Je continue à écrire des chansons, en prenant des notes sur mon téléphone, mais je ne suis pas du tout en train de travailler sur un album. Je suis quelqu’un de très lent en composition. Et surtout: je ne sais pas écrire autrement que sur mon piano, et en tournée je ne le vois jamais.

Sauf sur scène…

Oui et de toute façon, je suis incapable d’écrire devant les autres. Donc même pendant les balances, avant le concert, c’est impossible puisque tout le monde m’entend. Je n’ai qu’une hâte, à la fin de la tournée, c’est d’aller en studio avec les mecs et de juste faire de la prod et d’expérimenter. Je veux prendre une grande pause parce que je n’ai aucune envie de revenir avec un album qui ressemble au premier.

Ces derniers mois tu as indiqué à plusieurs reprises dans la presse que cette grande pause aller durer plusieurs années: cinq ans, voire six ans. On ne va plus te voir pendant si longtemps, vraiment?

Et bien je n’en sais rien, et c’est ça justement que j’aime bien dans le principe d’une pause. Là, ça fait quatre ans que je sais ce que je vais faire dans un an. J’ai envie de vivre plein d’autres trucs et de prendre du temps pour écrire. Il faut du temps pour pouvoir sortir un truc extraordinaire. En même temps, l’idée de pas être sur scène pendant des années me paraît complètement impossible – donc il y a moyen que dans six mois, je n’ai qu’une envie, c’est de remonter sur scène. Mais pour ça il faut faire un nouvel album. J’aime le fait d’avoir le champ libre. Comme j’ai mon propre label, comme je suis ma propre boss, et que le premier album a bien marché et généré de l’argent, ça nous permet de prendre le temps qu’il faut. Personne ne va me dire “reviens”, à part peut-être mes fans.