Montreux
#places à gagner

Henry Moodie + Lauren Spencer Smith

ven 5 juillet, 20:30
Genève

Bingo Divas

jeu 20 juin, 19:00
Lausanne

Extra Viewing Party

sam 22 juin, 18:00
Lausanne

Talent Show Chaud Cho

dim 30 juin, 16:00
Chargement Évènements
Dès le 6 octobre 2023 ÉVÉNEMENT PASSÉ
#Cinéma

Everybody’s Perfect

Maison des arts du Grütli
Genève
Everybody’s Perfect
 

Unique en Suisse romande, il a vu le jour en 2010 et fête cette année sa dixième édition. Dès le 6 octobre et pendant dix jours, Everybody’s Perfect va faire vibrer Genève au rythme de la culture LGBTIQ+. Basé sur l’ouverture et l’inclusion, s’adressant à tous les publics, le festival a évolué au fil des ans, passant à une cadence annuelle depuis que Sylvie Cachin en a pris les commandes, en 2018.

La directrice artistique a vu augmenter la fréquentation, le financement, la reconnaissance des partenaires, la collaboration avec les distributeur·rice·x·s et les autres festivals en Europe et aux États-Unis. Elle note également un changement de ton et de contenu: «Au début, beaucoup de films mettaient le doigt sur la souffrance, la lutte, les droits humains ou sur la difficulté du coming out, ce dont ils ne parlent plus aujourd’hui. Je tente de sélectionner des œuvres avec une énergie positive. J’en vois l’effet sur les gens, qui se sentent plus concernés, plus valorisés. Le festival offre également une visibilité plus grande de la communauté, dont découle une forme de banalisation du queer en général. Cela donne de la force aux artistes locaux.»

Des films des cinq continents

Petit bémol. En mai dernier à Cannes, la représentation moindre des thématiques LGBTIQ+ dans les diverses sections par rapport à 2022 avait laissé craindre une baisse de la production dans le domaine, faute de soutien suffisant. Pour Sylvie Cachin, qui a invité le créateur de la Queer Palm, Franck Finance-Madureira et le programmateur du Teddy Award berlinois, Bartholomew Sammut, à en débattre (le 10 octobre), il n’y a certes pas eu de hausse spectaculaire, «mais l’offre ne s’est pas réduite. Elle est devenue plus qualitative, impliquant davantage de personnes désireuses de raconter leur histoire. En tout cas, je n’ai pas eu de peine à trouver des films!»

C’est ce que veut prouver la programmation éclectique de cette édition 2023, avec 28 longs métrages divisés en quatre parties, mêlant fictions de tous genres et documentaires. Ils proviennent de Chine, de Russie, d’Australie, d’Afrique, des États-Unis, des Philippines, du Brésil, d’Argentine, de France, d’Espagne, d’Allemagne, d’Angleterre et de Suisse. Sans oublier le nombre impressionnant de courts métrages, 36, dont le curieux western de Pedro Almodovar Strange Way of Life.

Orlando ouvre le chapitre Trans Joy

Au sein de ce riche menu, on retiendra plus particulièrement un chapitre intitulé «Trans Joy» composé de trois œuvres où les cinéastes s’emparent de leurs vécus. À commencer par Orlando, ma biographie politique, de Paul B. Preciado, projeté en ouverture du festival. Pour son premier passage derrière la caméra, l’auteur s’inspire du roman éponyme de Virginia Woolf. Publié en 1928, l’œuvre évoque les aventures d’un noble anglais. Né garçon, il se réveille un beau matin femme au milieu du récit. Près d’un siècle plus tard, Preciado envoie une lettre à la célèbre écrivaine pour lui apprendre qu’Orlando est devenu une réalité. Il livre un témoignage poétique, drôle, inventif, montrant toutes les possibilités d’exister dans un univers contemporain en mutation.

Kokomo City nous invite, lui, à découvrir le monde et le quotidien de travailleuses du sexe, particuièrement vulnérables, des femmes trans* noires. Ce premier documentaire en noir et blanc de D Smith, elle-même femme trans* afro-américaine, navigue sans misérabilisme entre les témoignages bouleversants et les propos percutants de quatre protagonistes. De New York à Atlanta, elles se confient sans fausse pudeur et à visage découvert en dépit des dangers encourus. À l’image de leurs clients, souvent des hommes cisgenres mariés, qui expliquent avec franchise leur attirance pour ces femmes.

De son côté, le réalisateur trans* serbo-chilien Vuk-Lungulov-Klotz propose Mutt. Cette comédie dramatique prometteuse et émouvante suit Fena, ado latino-américain en pleine transition. En l’espace de 24 heures à New York, il va croiser son ex-amoureux, sa demi-sœur de 13 ans et son père chilien, puis il va tenter de faire la paix avec son passé et son présent. Tout en montrant les difficultés du personnage face aux aléas du quotidien, Mutt explore ses relations avec son entourage au fil d’un scénario bien documenté.

De Blue Jean à Little Richard

Parmi les points forts de la sélection, Blue Jean de Georgia Oakley. Militant sous haute tension, le film nous plonge dans la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher avec le portrait de Jean, professeure d’éducation physique. Nous sommes en 1988, l’année où le gouvernement de la Dame de fer promulgue une loi interdisant la «promotion» de l’homosexualité dans le système éducatif. Des manifestations s’étendent dans le pays alors que Jean cache son homosexualité de peur d’être renvoyée.

Ambiance électrique garantie en clôture du festival, avec Little Richard: I Am Everything, le documentaire musical de l’Américaine Lisa Cortés. Icône rock qui a inspiré les plus grands, de Presley aux Beatles, Little Richard est effectivement tout: Noir, chrétien et ouvertement gay à une époque où cela ne se disait pas.

On discute et on s’amuse

À découvrir, enfin, des œuvres importantes sur l’intersexuation, longtemps considérée comme une anomalie à soigner ou représentée tel un mythe par les arts et la littérature. La thématique donnera lieu à une table ronde. Le public aura également droit à des rencontres suivant les projections. Elle se dérouleront en présentiel ou en visiconférence à l’image de la masterclass de Manuela Kay, pionnière et figure incontournable de la scène queer berlinoise depuis les années 1980. Et bien sûr, pas de festival sans fiesta, en ouverture à La Gravière, et en clôture à La Paillette. Entre deux, des verrées, la Fête lesbienne, queer, féministe, ainsi que l’invasion des Bains de l’Est, avec jacuzzi, sauna, tapas, DJ et performances.

Edmée Cuttat

Tous les événements aujourd'hui

Détails

Début :
6 octobre 2023
Fin :
15 octobre 2023
Catégorie d’Évènement:
Évènement Tags:
,

Lieu

Maison des arts du Grütli
Rue du Général-Dufour 16
Genève, Genève Suisse
+ Google Map
Ajouter un événement

Culture, clubbing, communauté, cruising… cet agenda compile tout ce qui se passe autour des thématiques LGBTIQ+ en Suisse romande et un peu au-delà. Vous organisez un événement ou vous souhaitez en relayer un? N'hésitez pas à nous contacter à l'adresse agenda@360.ch ou sur nos réseaux sociaux Instagram et Facebook. Et bien sûr c'est gratuit!