Ces gangs lesbiens qui font frémir l’Amérique

La rumeur enfle sur de soi-disant gangs lesbiens agressant et violant tout sur leur passage. Ce délire paranoïaque, né dans les Etats du sud il y a quelques années, a récemment été ravivé par une émission de télévision bidonnée.

Légende urbaine qui agite depuis quelques années les Etats à dominante fondamentalistes de la «Bible Belt», le mythe des soi-disant gangs lesbiens a récemment eu les honneurs d’un sujet diffusé le 21 juin dernier dans l’émission-vedette de la chaîne Fox News, le «O’Reilly Factor». Sur un ton alarmiste, celui-ci affirmait l’existence d’une « épidémie » de gangs lesbiens (et occasionnellement gay), réunis sous les appellations «Dykes/Gays taking over» («Les gouines/gays prennent le pouvoir»). Selon l’«expert» de l’émission, ces gangs sèmeraient le crime et la désolation dans tout le pays. Au nombre de 150 dans la seule ville de Washington, il formeraient – ô stupeur – rien de moins qu’un «réseau clandestin national» s’attaquant ausii bien aux femmes et hommes hétéros «pour les forcer à devenir homosexuels», qu’à des enfants dans les écoles.

Instrumentalisation
Inutile de dire qu’il s’agit là d’une pure légende urbaine en circulation depuis quelques années. Son légitimation par un média national comme Fox News a néanmoins relancé l’intérêt des canaux fondamentalistes pour cette rumeur. «La violence par les gays et les lesbiennes est largement sous-estimée dans les principaux médias,» s’est ainsi indigné le site anti-avortement LifeSite, qui en profite pour détourner le résultat d’études récentes sur le violences domestiques au sein couples homosexuels…

De nombreuse associations gay, dont l’Alliance gay et lesbienne contre la diffamation (GLAAD) ont mené une contre-enquête, et rapidement découvert que le reportage de Fox News ne reposait sur aucune preuve. La police de Washington a notamment fait savoir qu’elle n’avait jamais identifié de gangs de lesbiennes. Dans son communiqué, le GLAAD déplore «la perpétuation de stéréotypes dangereux concernant les gays et les lesbiennes, des stéréotypes qui nourissent un climat d’homophobie, de discrimination et de violence anti-gay, qui constituent hélas la véritable épidémie.»

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