Tendances Sport

Navratilova monte au filet contre les athlètes trans*

4 août 2020

Martina Navratilova en 2015. Capture WTA

L’ex-tenniswoman, pionnière de la visibilité lesbienne, crée le malaise en soutenant l’exclusion des jeunes sportives trans* des compétitions, avec la bénédiction de l’extrême droite US.

Légende du tennis et icône lesbienne, Martina Navratilova a longtemps suscité l’admiration. Elle est aujourd’hui au cœur des tensions sur l’inclusion des femmes trans*, en l’occurrence dans le sport d’élite. Selon Outsports, l’ex-tenniswoman de 63 ans apparaît comme l’une des premières signataires d’une lettre ouverte soutenant, au nom de l’«équité», l’exclusion des filles et femmes trans* des compétitions féminines.

La lettre rédigée au nom du groupe Save Women’s Sports (Sauver le sport féminin) réagit aux menaces de boycott sportif visant l’Idaho, après que cet État américain a adopté une loi qui bannit les jeunes trans* des compétitions scolaires et universitaires. En outre, elle oblige les jeunes filles à fournir la «preuve médicale» de leur sexe biologique en cas de «contestation».

Fort de plus de 300 signatures d’athlètes, Save Women’s Sports émanerait en fait de proches de mouvements anti-LGBTQ+ comme la Heritage Foundation, lobby ultraconservateur proche de l’administration Trump, et l’Alliance Defending Freedom, classé comme un «groupe de haine», note le site britannique PinkNews.

Bastion conservateur, l’Idaho a récemment restauré l’interdiction du changement de sexe à l’état civil, qui prévalait jusqu’en 2018. Mais la justice locale a censuré cette mesure fin juillet.

Pionnière

En faisant son coming-out dans les années 1980, Martina Navratilova a été une des rares championnes à sortir du placard alors qu’elle était au sommet de sa carrière. Depuis sa retraite sportive, elle continue de militer pour les droits LGBTQ+, entre autres causes. Son soutien à des mesures jugées discriminatoires n’est toutefois pas totalement une surprise. La Tchéco-Américaine a plusieurs fois émis des critiques sur la participation de personnes trans* dans les compétitions, plaidant pour des catégories séparées. Ces positions lui ont notamment valu d’être écartée du comité d’Athletes Ally, groupe de soutien aux sportifs LGBTQ+.

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