«No rap»: club gay accusé de profilage musical

Le mal-nommé Progress Bar, un bar gay de Chicago, fait face à un appel au boycott après avoir interdit à ses DJs de passer du rap.

«Notre objectif est de promouvoir des vibrations positives, joyeuses, énergiques et optimistes et FUN.» C’est le beau programme que propose le Progress Bar… Sauf que ce bar gay à la décoration sophistiquée, situé à Boystown, le village gay de Chicago, est au centre d’une violente polémique après qu’un mail destiné à ses DJs a fuité sur les réseaux sociaux. La direction les informait d’un «changement de format» musical: «Nous avons institué une règle SANS RAP qui entre en vigueur immédiatement. Ce n’est pas une suggestion. Si vous jouez du rap, on ne vous demandera pas de revenir.»

Sans autre explication, le message précise que «tout ce qui est vulgaire, agressif, ou de l’ordre du mumble rap» est hors-limites, citant par exemple le nom des rappeuses Cardi B et Nicki Minaj. «Si vous n’êtes pas sûr qu’une musique rentre dans cette catégorie, partez du principe que oui, et choisissez autre chose», ajoute le message.

«Fossé dans la communauté»
Pour bon nombre de Chicagoans, l’affaire relève purement et simplement du racisme, le rap étant identifié à la communauté noire. «Qu’est-ce ça veut dire d’interdire le rap sinon de s’aliéner un groupe spécifique de gens?», s’interroge un (désormais ex-)client cité par GayStarNews. Une autre se dit écœurée et dégoûtée: «Progress promeut un récit qui creuse un fossé dans la communauté LGBTQ. Progrès tu parles! c’est du profilage racial.»

La direction du club a réagi en minimisant la portée de la mesure, rappelant que d’autres styles de musiques traditionnellement noires, dont le hip-hop, restaient dans sa playlist, et assurant que «tout le monde restait le bienvenu» au Progress Bar. Cela n’a pas suffit à stopper un appel au boycott. «Vous allez vous retrouver en faillite tellement vite que ça va vous faire tourner la tête», prévient un internaute.

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