Quand les maigres, les filles et les Indigènes gâchent la photo

Un club gay de Melbourne est sous le feu des critiques après qu’un vade-mecum destiné à ses photographes a fuité sur les réseaux sociaux.

Du jeune muscle, du mâle blanc, et rien d’autre. Poof Doof, un des clubs gay les plus en vue de Melbourne, se retrouve éclairé sous une lumière crue, après la diffusion sur le web d’une liste de recommandations remises aux photographes qui officient lors des soirées hebdomadaires. La direction y demande d’immortaliser ce qu’elle appelle les Power Poofs, les garçons «musclés» et «hot», et exclut expressément les prises de vue de «garçons maigres», «avec une mauvaise peau» ou encore d’«indi boys», autrement dit les clients issus des communautés indigènes, à moins qu’ils soient «à couper le souffle et particulièrement stylés».

Pas de femmes non plus devant l’objectif: «Poof Doof est le gay club pour les homos. Personne n’est là pour voir des filles. Jamais de la vie.»

Comme le rapporte le site du magazine américain «The Advocate», l’affaire a suscité des réactions de dégoût et des appels au boycott sur les réseaux sociaux, mais aussi un débat sur les pratiques discriminatoires au sein de la scène gay masculine australienne. «A 18 ans, j’étais régulièrement harcelé, moqué et exclu par les Power Poofs, c’est à dire ce type de mecs que des clubs comme Poof Doof flattent et célèbrent. Ma vie serait si différente si ces attitudes n’étaient pas perpétuées par ces espaces qui prétendent être inclusifs/sûrs», a écrit un internaute sur Twitter.

Excuses
La manager de Poof Doof s’est défendue en disant que ce règlement avait été mis aux oubliettes il y a huit ans: «On a changé et notre public aussi.» Des propos remis en cause par un photographe, qui affirme s’être vu remettre le document en 2014. Mercredi, le club a changé de ton. Il a publié un post sur Facebook présentant des excuses et un engagement à «réparer» les torts commis: «Si vous avez ressenti de la discrimination, c’est que nous n’avons pas fait assez.»

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Pourquoi chaque « outrage du jour » (merci Twitter!) doit-il impérativement être relayé en français, en abominable novlangue qui plus est ? Une club pour amateurs de muscle (ce n’est pas mon cas) n’est-il pas l’expression même d’une certaine diversité ? La presse gay de 2019, à la botte du monde anglo-saxon, sombre inexorablement dans le sensationnalisme — circulez, y’a plus rien à voir.

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