Des chorégraphies qui défient la haine

C’est le «docu-réalité» dont tout le monde parle en ce moment aux Etats-Unis: «The Prancing Elites Project» suit l’ascension d’un quintet de danseurs queer dans les rues du Sud profond.

«Vous avez besoin de Jésus», «Allez en enfer!», «Dégueulasse!» Gays, Noirs et efféminés, les cinq membres des Prancing Elites ne sont pas encore tout à fait habitués à recevoir en plein visage ce type de type de commentaires, quand ils dansent dans les rues et sur les terrains de sport du Sud profond. «On veut juste que les gens sachent que c’est OK d’être soi-même», explique Kentrell, 27 ans, leader du groupe. Bottines aux pieds, collants scintillants, «hot-pants» et maquillage: ils sont loin de passer inaperçu, depuis une dizaine d’années dans le très conservateur Etat d’Alabama. Ils en jettent et ils en veulent.

Avatar queer
Repéré par la star du basket Shaquille O’Neal (au grand dam de beaucoup de fans de ce dernier), le groupe poursuit à sa manière la tradition des J-Settes, variation sudiste des pom-pom girls, où des filles dansaient sur la musique des fanfares sur les terrains de foot, les parquets de baskets ou lors de parades de fin d’année. Avatar queer, les Prancing Elites ont débuté dans les boîtes gay, avant de s’aventurer dans la rue, voire de squatter les défilés officiels sous les yeux écarquillés des habitants de Mobile ou d’autres bleds perdus au bord du Golfe du Mexique.

Hip-hop, glamour, religion et une pincée de sociologie politique: du pain béni pour la chaîne américaine Oxygen, qui depuis cette semaine consacre à ce groupe haut en couleurs un «docu-réalité», un format très en vogue aux Etats-Unis. Au fil de douze épisodes à petit budget, on y découvre la personnalité des cinq danseurs actuels de la troupe, qui ne s’identifient pas comme transgenres, mais qui s’appellent en utilisant des pronoms féminins. La tête haute et avec talent, «elles» affrontent quolibets et insultes, tandis que la caméra suit leur ascension, les encouragements et les sourires qui se dessinent sur les visages du public.


» «The Prancing Elites Project»

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