Blued, l’eldorado gay made in China

Le succès phénoménal du Grindr chinois attire les investisseurs, qui misent sur le potentiel d’une future communauté gay dans l’Empire du Milieu.

Ni le régime communiste ni la société chinoise n’ont jamais été très accueillants à l’égard de l’homosexualité, dépénalisée depuis 1997. On estime qu’aujourd’hui encore, 90% des homos ont opté pour un mariage de façade. Et même dans les mégapoles, groupes et services destinés aux gays sont embryonnaires.

Or depuis quelques temps, un vent de liberté souffle sur les gays de l’Empire du Milieu: ils ont découvert les applications de drague pour smartphone! La plus populaire, Blued, a réuni 15 millions d’utilisateurs en seulement deux ans d’activité. C’est plus du double de Grindr, son modèle occidental, en cinq ans. Comme ce dernier, Blued promeut les aventures sexuelles; sauf que le système chinois est davantage porté sur les relations de long terme entre personnes de même sexe.

«Communiquer avec la communauté gay est un rêve devenu réalité»

Ce succès n’est pas passé pas inaperçu dans le monde financier, soulignent plusieurs médias américains, dont le «Wall Street Journal». Blued vient ainsi de recevoir 30 millions de dollars d’un fonds d’investissement. «Posséder un téléphone privé et communiquer avec la communauté gay est un rêve devenu réalité», explique David Chao, du fonds DCM Ventures.

L’application est à présent valorisée à quelque 300 millions de dollars, et envisage de se lancer dans l’e-commerce. «Notre développement peut faire en sorte que les gens se rendent compte de la valeur du Net gay», se réjouit le patron de Blued, Geng Le, «ainsi que de la diversité et du progrès au sein de la société chinoise.»

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