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Lutte contre l’homophobie minée par des affabulateurs

Une lesbienne du Nebraska se serait infligée elle-même des coupures au cutter. L’agression d’apparence barbare avait indigné l’Amérique. C’est la 3e mise en scène de ce type découverte en quelques mois.

Un mois après être descendue dans les rues, la petite communauté LGBT de Lincoln, capitale du Nebraska, avait de quoi être amère. Elle a appris qu’une femme, dont l’agression barbare avait choqué toute l’Amérique, a probablement mis en scène l’attaque.

Charlie R. avait été retrouvée en sang par sa voisine. Des insultes homophobes avaient été gravées au cutter sur sa peau. Elle avait raconté avoir été torturée par trois hommes encagoulés qui avaient tenté d’incendier sa maison. Or la police a découvert que la jeune femme, ancienne basketteuse pro qui venait de perdre son emploi, avait elle-même acheté les gants, la lame et le câble qui ont servi à l’agression. Quelques jours avant les faits, elle avait également posté sur Facebook une photo d’elle avec une croix gravée sur le torse. «Je crois, au fond de moi, que nous pouvons changer les choses pour le meilleur. Ce sera un catalyseur. Je ferai ce qu’il faudra. Vraiment. Gardez-moi à l’œil», avait écrit la jeune femme sur le réseau social. Une loi contre la discrimination sur la base de l’orientation sexuelle est en débat à Lincoln.

Tandis que Charlie R. continue de maintenir sa version de l’incident, les associations LGBT locales ont diffusé un communiqué pour assurer que le cas faisait l’objet d’une «enquête équilibrée et approfondie»: «Les fausses dénonciations reçues par les forces de l’ordre n’invalident pas les crimes de haine qui se produisent véritablement à Lincoln», ont-elles ajouté.

«Gay-bashing» ou acrobatie alcoolisée?
Ce n’est pas le première fausse agression homophobe à faire la une des journaux américains. Au début du mois, un jeune gay du Montana a porté plainte après avoir été prétendument roué de coups à la sortie d’une boîte de nuit où il fêtait son 22e anniversaire. Joseph B. avait porté plainte et posté une photo de son visage amoché sur une page Facebook anti-homophobie. Il s’était ainsi attiré des dizaines de milliers de messages de sympathie. Manque de pot pour lui, il avait été filmé le soir des faits. Au lieu d’une agression, on pouvait y voir le jeune fêtard s’écraser au sol en tentant d’exécuter un saut périlleux arrière. Il a écopé de six mois de prison avec sursis. Quelques mois plus tôt, c’était une étudiante lesbienne du Connecticut qui a dû reconnaître être l’auteure des menaces de mort qu’elle avait reçues sur son campus. Dans les deux cas, les épisodes avaient mobilisé les organisation gay et lesbiennes.

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