La Ciccone réclame son trône

A quarante-huit heures de son come-back lors du Superbowl, tout le monde se demande si Madonna n’est pas en train de sortir son disque de trop. Et si c’était elle qui en avait marre?

Madonna revient. Par la musique. «Il faut bien que je paie le loyer»: le sourire radieux et las à la fois, la souveraine de la pop fait la tournée des plateaux TV, suscitant toujours la même hystérie sur son passage, et explique comme une ritournelle pourquoi elle rompt enfin avec ce long silence radio après quatre d’absence et un dernier album, «Hard Candy», pas franchement inoubliable. En 2012, Madonna revient. En filigrane au gré de son marathon promo 2 en 1 – à la fois pour la sortie de «W./E.», le film qu’elle a mis trois ans à co-écrire et réaliser «avec passion», assène-t-elle, et son fameux retour sur la scène musicale – on devine le talon d’Achille d’une des dernières combattantes du showbiz du siècle dernier.

Son cinéma rêvé
Car justement, le cinéma, son cinéma tant rêvé avec ses allures de star de l’âge d’or de Hollywood, ne demeure-t-il pas l’unique royaume glamour en lequel elle n’est pas sacrée reine? L’ironie du sort veut que le cinéma l’ignore autant qu’elle a tenté de s’éloigner de la musique ces dernières années. Mais même si sa consécration au cinéma n’arrive pas, le dancefloor lui, finit toujours par la rattraper. Comme un amant pressant et un peu saoulant qu’on finit toujours par ramener à la maison parce qu’il est le plus rassurant. A 53 ans, Madonna s’apprête à reprendre le micro et enfiler le lycra pour une tournée qui l’emmènera aux quatre coins du monde. «En tournée, j’aime la première et les deux dernières semaines», glisse-t-elle, la mine embarrassée en faisant des œillades irrésistibles au public, à l’animateur Graham Norton dans son émission du 14 janvier sur BBC One.

Demoiselles de compagnie
Lassée, Madonna? Son agenda 2012 ne lui laisse pas de temps pour les états d’âme. Puis de toute façon, ce n’est pas son genre. Plutôt que de s’apitoyer sur son sort de pauvre reine de la pop, elle revient en compagnie de M.I.A et Nicki Minaj, ses deux nouvelles demoiselles de Me All Your Luvin’, une rengaine pop régressive, sorte d’hymne à l’amour faussement innocent à faire passer Lady Gaga et Rihanna pour des deuxièmes choix de maison close. Et toc. Et puisqu’on y est, clouons définitivement le bec aux sales langues qui l’accablent en la réduisant à une sorte de détraquée accro à la chirurgie esthétique. Si la jeunesse l’obsède, c’est surtout celle de ses amants. Le reste lui appartient. Madonna tente simplement de tirer le meilleur parti d’un jeu qu’elle connaît trop bien en ne se prenant pas au sérieux. Son grand secret, paraît-il.

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