Ouverture aux gays: l'Eglise zurichoise remise au pas

Le diocèse a sèchement mis un terme à la présence discrète des catholiques auprès de la communauté LGBT, symbolisée par la participation à une cérémonie œcuménique en marge de la gay pride.

L’initiative allait manifestement un peu trop à contre-courant: l’Eglise catholique du canton de Zurich avait tenté une discrète ouverture en direction des gays et des lesbiennes depuis 2004 en participant à l’organisation d’une cérémonie œcuménique en marge de la gay pride. Un vicaire catholique participait au comité d’organisation de la manifestation, ceci avec la bénédiction de l’Eglise du canton. D’ailleurs, lors des deux derniers événements (dont l’Europride de 2009), le Conseil synodal avait même accordé une modeste contribution financière – 1500 francs – pour l’organisation de la cérémonie.

Manifestation «propagandiste»
Le diocèse de Coire, dont dépend Zurich, a donné un brutal coup d’arrêt à cette ouverture, nous apprend le quotidien «Tages-Anzeiger». Peu après le dernier Zurich Pride Festival (ZPF), en juin, le représentant laïc de l’Eglise auprès du ZPF a été sèchement rappelé à l’ordre par l’évêque auxiliaire Marian Eleganti. Pour ce dernier, l’Eglise catholique n’a rien à faire dans «le contexte propagandiste» de la manifestation LGBT. Répondant au «Tagi», l’ecclésiastique s’est borné à expliquer cette décision par une question de cohérence: «l’Eglise doit être conforme au message qu’elle professe», a souligné Eleganti.

Le vicaire Martin Stewen s’est exécuté: il a démissionné de ses fonctions au sein du comité de la Pride, non sans avoir publiquement regretté la «perte d’une chance pastorale pour l’Eglise, plus que pour la scène gay-lesbienne.»

Le désaveu infligé à l’Eglise catholique zurichoise apparaît comme un nouveau signe de crispation au sein du catholicisme alémanique, sous l’influence du très conservateur évêque de Coire Vitus Huonder. Peu après son élection en 2007 à la tête du plus grand diocèse de Suisse, celui-ci avait d’ailleurs donné le ton en appelant les gays et les lesbiennes à «revenir dans le droit chemin».

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