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«Michi» au pays de l’Eurovision

Sur les traces de Céline Dion, Patrick Juvet et Henri Dès, Michael von der Heide représentera la Suisse le 27 mai avec «Il pleut de l’or». Allez on ne fait pas la moue, combien parmi nous ne résisteront pas à la grand messe kitsch aux 125 millions de fidèles, à la plus gay friendly des émissions de télé? Entretien avec le principal intéressé, totalement overbooké.

Il est né dans un petit village de Suisse alémanique, chante parfois en Français, aime flâner à Berlin, a chanté avec Nina Hagen, fait l’acteur sur la scène du Schauspielhaus de Zurich, s’apprête à sortir son 9e album. Et voilà qu’il vise un titre de l’Eurovision. Michael von der Heide n’a plus l’âge de prendre ça seulement à la rigolade, ni totalement au sérieux. A presque 40 ans, le chanteur suisse fait figure d’ancêtre dans l’arène kitscho-médiatico-musicale. Au téléphone il se prête gentiment au jeu de l’interview bien qu’il m’avoue que je dois être la 400e journaliste à le questionner depuis sa désignation officielle en décembre pour représenter la Suisse à Oslo. Son titre Il pleut de l’or coule comme un sirop un peu trop sucré, parfait pour la plus kitsch des émissions de télé. Sur youtube les avis se déchaînent déjà, pas forcément très gay friendly, et le chanteur semble un peu dépassé par le phénomène «Je pensais sortir mon album cet été, mais je vais devoir attendre janvier, je n’ai pas le temps.» Alors pourquoi se lancer maintenant? Pour la légende, parce qu’on lui a demandé, pour le fun et la renommée. Et puis chanter devant 125 millions de téléspectateurs ça n’arrive pas tous les jours. En attendant les demi-finales le 27 mai à Oslo et pourquoi pas la finale le 29, Michael von der Heide court les plateaux télé européens, de la Roumanie à la Lituanie, sans trop faire attention aux pronostiqueurs européens qui classent son titre dans les derniers.
Vos premiers souvenirs de l’Eurovision?
– J’ai grandi dans un petit village de Suisse alémanique, à cette époque il n’y avait que trois chaînes de télé et l’Eurovision était le seul rendez-vous musical. Mon tout premier souvenir c’est Paola en 1980. J’avais 9 ans, elle défendait la Suisse et chantait Cinéma. Elle était arrivée 4e mais je suis resté amoureux de cette chanson.
Vous avez tenté de concourir pour l’Allemagne en 1999?
– Oui, j’ai vaguement essayé. L’année précédente la Suisse avait fait zéro point et ne pouvait donc pas concourir. Mais à cette époque ça tenait plus d’un plan promo que d’une envie de participer à l’Eurovision.
Pourquoi avoir fait une chanson en français?
– C’était clair depuis le début, j’ai commencé ma carrière en français, je trouve que c’est mieux que de chanter en anglais comme tout le monde à l’Eurovision.
Et en allemand?
– Ah non ça aurait été encore pire!
L’an dernier, juste avant la finale de l’Eurovision à Moscou, des manifestations de militants homosexuels ont été violemment réprimées. Certains avaient appelé au boycott. Vous auriez fait quoi vous?
– Tout le monde a chanté non? L’Eurovision c‘est compliqué, les enjeux vous dépassent totalement. Moi par exemple j’ai un contrat avec la télévision suisse, si je ne chante pas ça va me coûter cher! Je comprends qu’il y ait eu des protestations après les manifestations, mais je comprends aussi les participants. Il y a une telle pression, ça n’engage pas que vous, mais tout un pays.
Vous imaginez gagner?
– J’ai déjà gagné ici en Suisse! Sérieusement, il y a 40 places, je crois bien