Suisse Zurich

Nouvelle année, nouvelle agression homophobe

2 janvier 2020

S., 19 ans, et J., 24 ans, s'en tirent avec des blessures légères.

Un couple de jeunes gays raconte avoir été roué de coups par quatre individus en plein réveillon dans le quartier gay du Niederdorf, déjà le théâtre de deux autres incidents de ce type en sept mois.

«On s’était imaginé commencer la nouvelle année autrement», témoigne S. avec amertume sur le site de «20 Minuten». Ce jeune Zurichois de 19 ans raconte que lui et son copain ont été les victimes d’une agression à caractère homophobe pendant la nuit du Nouvel-An, alors qu’ils allaient faire la fête au Heaven, une boîte gay du quartier du Niederdorf.

«Soudain quatre type nous sont abordés en nous demandant si on était gays», dit J., 24 ans. Quand il a répondu oui, il a reçu une boisson en plein visage. Puis l’avalanche de coups de poing et de pied, qui les mettent à terre. Ils se relèvent, tentent de fuir, mais sont rattrapés et essuient de nouveaux coups. «Finalement ils nous ont laissés pour attaquer à d’autres gays», affirme S. D’après lui, personne n’est intervenu, «ils avaient plutôt peur parce que j’étais couvert de sang». Les deux jeunes ont fini la nuit aux Urgences. Bilan: des contusions, des coupures et des douleurs à la nuque et au dos, mais rien de cassé.

J. et S. ont porté plainte auprès de la police municipale, qui confirme avoir été appelée à la Zährigerplatz pour une «bagarre», sans en préciser les circonstances. Le même groupe de jeunes hommes est soupçonné d’avoir agressé un autre homme au même endroit peu après et de lui avoir volé un sac. Une enquête est en cours. Aucun suspect n’a été arrêté pour le moment.

Insécurité
Une agression contre un couple d’hommes avait déjà fait les gros titre à la mi-septembre dans le même quartier gay historique de la ville, lançant un débat sur le sentiment d’insécurité au sein de la communauté LGBT à Zurich. D’autant que ce n’était pas le premier incident de ce type. Un couple gay avait aussi été attaqué en juin après la Pride, et un stand pour la Journée mondiale contre l’homophobie saccagé le mois précédent. «C’est grave, on ne peut plus sortir sans avoir peur d’être attaqués», explique S., qui dit se faire régulièrement menacer et cracher desssus quand il marche dans la rue avec son ami.

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