Journée du souvenir trans à Genève, 2015. Photo: Irina Popa.

Se souvenir pour changer les mentalités

Parent·e·s pauvres des avancées pour l’égalité des droits, les personnes trans* et leurs allié·e·s se réuniront ce mercredi 20 novembre pour se souvenir et surtout exiger que les choses changent.

Dimanche 29 novembre 1998, Rita Hester, femme transgenre, est retrouvée morte dans son appartement avec de nombreuses blessures de couteau à la poitrine. Au moment de la découverte de son corps, Rita portait toujours ses bijoux en or et la police n’a trouvé aucun signe d’effraction dans l’appartement. Le meurtre de Rita Hester n’a jamais été résolu. La brutalité de l’attaque démontre clairement la haine qui a motivé le tueur à passer à l’acte.

En juillet 1992, le cadavre de Marsha P. Johnson est retrouvé, flottant dans l’Hudson River, peu de temps après la Marche des fiertés. La police conclut à un suicide. Seulement, les proches de Marsha affirment qu’elle n’était pas suicidaire, et qu’elle avait été harcelée près de l’endroit où son corps a été retrouvé. Les démarches initiales visant à inciter la police à enquêter sur les causes de sa mort ont été un échec.

Gaëlle, femme transgenre valaisanne, est retrouvée noyée dans le Léman en mars 2018. Quatre hommes sont accusés de l’avoir violée et abandonnée à son sort. Le procès est toujours en cours. Nous pouvons continuer à citer des centaines de cas comme ces derniers. Malheureusement, chaque année le nombre de victimes de la haine envers les personnes trans* augmente. C’est pourquoi chaque année, la Journée du souvenir trans* est un moment important dans le calendrier LGBTIQ+. Elle aura lieu cette année le mercredi 20 novembre.

Un programme pour le changement
Cette journée est l’occasion d’une réflexion approfondie sur les actions à mettre en place pour prévenir les préjugés et les discriminations sur les lieux de travail, dans les écoles, les milieux médicaux, les administrations, l’espace public, etc. Cette journée est également là pour rappeler que la transphobie n’est pas, pour l’instant, reconnue par l’Etat comme discrimination ou circonstance aggravante lors d’une agression. Aujourd’hui encore, et c’est un scandale, aucune statistique officielle n’est disponible, invisibilisant ainsi les nombreux actes haineux qu’endurent les personnes trans* au quotidien.

Cette année, diverses associations LGBT de Genève se regroupent pour cette soirée qui commencera avec la présentation des aspects généraux marquants cette journée, ainsi qu’un espace de discussion où tous.tes les participants.es seront invité·e·s à intervenir autour d’un apéritif. Ensuite une cérémonie symbolique aura lieu, pendant laquelle des bougies seront allumées en hommage aux personnes trans* assassinées au cours des douze mois précédents.

» Rendez-vous au Phare (rue Lissignol 3, Genève) le 20 novembre, dès 17h30. Plus d’infos sur la page Facebook de l’événement.

» Auparavant, le CRAQ (Collectif radical d’action queer) organise un rassemblement contre les violences trans*phobes devant l’hôtel de ville de Genève, à partir de 15h30.

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