L'Alliance de la société civile a lancé sa campagne pour le «non» à une initiative «cheval de Troie», le 21 octobre à Berne.

Un rempart pour les droits des minorités

Les associations LGBT nationales militent pour le «non» à l’initiative de l’UDC contre les «juges étrangers» qui, soulignent-elles, met en danger la place de la Suisse dans la Convention européenne des droits de l’homme.

Dans pile un mois, on votera sur l’initiative dite d’«autodétermination». Les organisations LGBT se mettent en ordre de bataille contre ce texte au titre trompeur. Sous prétexte d’affirmer la primauté du droit suisse, il cherche à dénoncer les traités internationaux. Or ceux-ci sont une pièce importante de l’arsenal qui protège les libertés publiques et celles des minorités, rappelle Network. L’association des décideurs gay préfère parler d’une initiative «d’automutilation» pour la Suisse, portant atteinte à la crédibilité du pays sur les plans économique, politique ou humanitaire.

L’initiative menace en particulier la Convention européenne des droits de l’homme, dont la Suisse est signataire et partie prenante, avec 46 autres pays du continent. «Si le Parlement ou la majorité du peuple passe une loi hostile aux LGBTI, les personnes concernées peuvent se tourner vers la Cour européenne. En cas de «oui» à l’initiative, cela ne sera plus possible», souligne Hans Peter Hardmeier, de l’association bernoise HAB. L’Alliance de la société civile, en première ligne de la campagne pour le «non» à l’initiative, regroupe notamment Pink Cross, LOS, Transgender Network et Fels, aux côtés d’Amnesty International, Human Rights Watch, Pro Juventute, Caritas ou le Centre social protestant.

Initiateur gay
Ironie du sort, l’auteur de l’initiative est l’un des rares parlementaires ouvertement gay sous la Coupole: le conseiller national Hans‐Ueli Vogt. Celui qui défend par ailleurs le mariage pour tous et l’adoption par les couples de même sexe contre l’avis de son parti défend avec ardeur son texte contre l’avis de la communauté LGBT, dont il se sent ostracisé, comme il l’avait confié à «20 Minuten» en 2016. «Mais la question qui se pose est la suivante: quelle est la portée des différents Etats dans un monde globalisé? Que vaut encore la décision du peuple?» avait martelé le politicien zurichois.

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