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6000 gays et lesbiennes défilent à Bienne

La gay pride nationale se porte bien: l’affluence à la 11e Lesbian & Gay Pride suisse, accueillie pour la première fois par la ville bilingue de Bienne, a dépassé les espérances des organisateurs.

C’est sous un soleil de plomb, sur la scène installée dans une rue piétonnière du centre-ville de Bienne que des discours ont donné le coup d’envoi de la onzième Lesbian & Gay Pride suisse. Le président de la ville, le conseiller national Hans Stöckli a ouvert les feux en livrant un message de bienvenue énergique, vantant «l’esprit d’ouverture et de tolérance» de sa ville: «Ça faisait déjà quelques années que nous attendions d’organiser cette manifestation!», a-t-il lancé à la foule de plusieurs centaines de personnes réunies sur la place.

«Besoin d’engagement»
Bernard Pulver [photo], le très populaire Conseiller d’Etat bernois en charge de l’instruction publique, est alors venu au micro: «La Suisse fait partie d’une petite douzaine de pays qui offrent un partenariat enregistré sur un pied d’égalité avec le mariage», a-t-il rappelé. «N’ayons pas de complexe d’infériorité. Ce pays est un pays progressiste et ouvert aux questions d’homosexualité. Soyons-en fiers.» Parlant en tant qu’ancien militant d’associations LGBT et unique membre d’un exécutif cantonal à être ouvertement gay, il a défendu l’utilité des gay prides: «Nous avons besoin d’engagement. C’est notre devoir de nous engager contre la discrimination, c’est aussi notre devoir de nous montrer, afin de faire progresser la compréhension de l’homosexualité dans la société.» Enfin, et surtout, Bernard Pulver a souligné le travail à accomplir pour mieux aborder l’homosexualité dans le domaine scolaire. «Je me suis engagé à ce que ce thème soit abordé dans le plan d’étude romand comme dans le plan d’étude alémanique», a-t-il annoncé, déclenchant un tonnerre d’applaudissements.

Oratrice suivante, Stella Jegher d’Amnesty International, a évoqué le nécessaire soutien aux personnes et organisations LGBT qui luttent pour leur survie, que ce soit à Istanbul ou à Riga, dont elle a évoqué la Pride «derrière des cordons de police.» Elle a également rappelé les victoires récemment remportées, comme le récent non-renvoi d’un jeune demandeur d’asile gay camerounais.

Foule goguenarde
Tranchant avec l’émotion et l’énergie des orateurs précédents, Mister Suisse 2008 Stephan Weiler a conclu la série d’allocutions en livrant – «en tant qu’hétérosexuel» – un message anti-discrimination pour le moins banal. Le tout devant un public goguenard (…quelques jours après que la presse à scandale ait lancé des rumeurs sur son orientation sexuelle). Invité par Pink Cross, la présence du jeune homme, avec son écharpe multi-sponsorisée, a suscité une certaine perplexité, en dépit du surcroît d’attention médiatique provoqué par sa venue.

Organisateurs comblés
Pour cette première Pride à Bienne, les organisateurs avaient délibérément opté pour un événement de dimension modeste (un budget quatre fois inférieur aux Prides de Genève ou de Lausanne en 2004 et 2006). Ils avaient notamment misé sur la présence d’associations, commerçants et artistes locaux. Parmi eux, les Reines Prochaines ou Catherine d’Oex se sont payé un joli succès. Selon la police biennoise, 6 000 personnes auraient participé à la parade composée d’une petite dizaine de chars, et suivie par une dizaine de milliers de spectateurs tout au long du bref parcours sillonnant le centre-ville. Dans le «village» de la Pride, une trentaine de stands commerciaux et associatifs ont créé une ambiance toujours chaleureuse et sympathique. Toutefois, la foule s’est quelque peu clairsemée au cours de la soirée.

En 2009, la Pride se concentrera à Zurich, qui accueillera une Europride marquant les 30 ans des événements de Stonewall.