Bichelsee. Photo: Google Street View

Un pasteur gay? «Pas de ça chez nous!»

Deux villages de la même paroisse se déchirent sur la nomination d’un nouvel officiant, ouvertement homosexuel, après le veto homophobe de l’une des deux localités.

Les Eglises réformées ont souvent ouvert la voie à une attitude plus pragmatique vis-à-vis de l’homosexualité. Mais le message n’est pas encore passé partout. C’est ce que démontre le rejet, dans une petite commune de Suisse orientale, de la nomination d’un nouveau pasteur. Lundi, l’assemblée paroissiale de Bichelsee a ainsi sèchement renvoyé chez lui Maik Becker, proposé par les instances dirigeantes de l’Eglise thurgovienne.

Châtiment divin
Les discussions – «virulentes» selon la presse locale – ont gravité presque uniquement autour de l’homosexualité de l’Allemand de 38 ans, qui vit ouvertement en partenariat enregistré avec un autre homme («un catholique à la peau foncée», précise «Blick»). Le débat a touché le fond quand un des fidèles a cité l’Epître aux Romains, qui menace de châtiment divin l’homme qui désire un autre homme. Verdict de la majorité des paroissiens: «Pas de pasteur homo, ni à Bichelsee ni ailleurs».

Pour Bastian Baumann, de la faîtière suisse des organisations gay Pink Cross, ce vote relève de l’«homophobie à l’état pur». Il démontre une fois de plus que «derrière la discrimination publique des homosexuels, on retrouve des adeptes des Eglises».

Éprouvant
Becker n’a fait aucun commentaire sur cet épisode probablement éprouvant. «Le futur montrera quels sont les plans de Dieu pour moi», a-t-il déclaré à «20 Minuten».

L’affaire pourrait ne pas en rester là. Car Bichelsee partage son pasteur avec le village voisin de Dussnang. Or dans cette commune, le nouveau pasteur a été plébiscité par 80% des fidèles. Ceux-ci ont formé un comité qui réclame désormais que Maik Becker puisse officier dans leur temple. Résultat: des lettres d’insultes et des menaces de mort…

2 comments

Plutôt que de s’envoyer des épitres à la figure, les fidèles de Bichelsee devraient se rappeler le bon sens paysan. Chacun son métier et les vaches seront bien gardées.

Défendre une soi-disant fidélité à la Bible avec des menaces de mort !
C’est pour le moins paradoxal.
Si c’était encore nécessaire, cela démontre à quel point le fondamentalisme et l’intégrisme sont pervers.

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