Berne veut rendre mesurable la violence homophobe

Le Parlement du Canton a adopté ce mardi un texte du député Michel Rudin. Il demande la prise en compte de l’homophobie dans les données récoltées par la police.

Les agressions physiques ou verbales à caractère homophobe doivent être prises en compte dans les statistiques de la criminalité. C’est le sens d’une intervention qui a été adoptée hier par le Grand Conseil du Canton de Berne, par 81 voix contre 66. Le texte du Vert’libéral Michel Rudin, cosigné par des membres de tous les principaux partis, demande au Gouvernement bernois de s’engager au niveau national pour l’établissement de mesures qui permettent de «déterminer la gravité de la violence homophobe». De telles statistiques existent dans plusieurs pays, comme la Suède ou la Grande-Bretagne.

«Le but serait d’enregistrer non pas l’orientation sexuelle de la victime, mais le motif et le lieu de l’agression […] Cette manière de procéder est meilleure que l’approche centrée sur la victime. Premièrement, personne ne devrait être contraint de faire connaître contre son gré son orientation sexuelle et deuxièmement, la violence homophobe peut frapper également les hétérosexuels et les bisexuels», peut-on lire dans l’intervention.

Le Département de la Police avait exprimé ses réticences, en insistant sur la difficulté pour la police de classer des faits a priori en fonction du mobile.

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