De rappeur homophobe à flic modèle?

La police de Bâle-Ville défend le recrutement d’un jeune qui s’était essayé au gangsta-rap. Il glorifiait alors le nationalisme bosniaque, la violence, la coke et le sexisme.

AZO: c’est sous ce nom qu’un tout jeune rappeur avait publié quelques vidéos sur YouTube, il y a quelques années, avec un succès limité. Il y parlait de son amour pour sa patrie bosniaque, de sa volonté de mourir pour elle, il priait Allah et s’en prenait aux ennemis croates et serbes lors de la guerre de 1992-1995. D’autres titres, plus incendiaires encore, glorifiaient l’extorsion, la consommation de coke, le sexisme et l’homophobie. «Dis un mot de travers, et tu avaleras du plomb», lançait-il dans un rap où il s’adressait à un homo, invité à «donner tout son fric» s’il ne veut pas être passé à tabac.

«exubérance de la jeunesse»
Du gangsta-rap à la violence tristement banale, si ce n’est qu’AZO est aujourd’hui… policier à Bâle-Ville, révèle la «Basler Zeitung». Le Département de justice et police local a confirmé avoir eu connaissance de la carrière de rappeur de l’aspirant flic, décrit comme un bon élève. Il aurait désavoué les vidéos réalisées pendant son apprentissage de mécanicien. Avec le recul, il les qualifie d’«immatures» et il a tenté de les supprimer du Net sans y parvenir complètement, affirme le porte-parole de la police cantonale. Pour les forces de l’ordre, ces productions seraient à mettre sur le compte de l’«exubérance de la jeunesse» et de la «liberté artistique».

L’article de la «Basler Zeitung» ne donne pas de dates précises sur l’activité du rappeur AZO et n’interroge pas le principal intéressé, qui serait âgé de 22 ans. Politiquement explosive, l’affaire fait en tout cas grand bruit dans la cité rhénane et en Suisse alémanique. «Le fait que cet homme ait incité à la violence va trop loin pour un policier, commente le conseiller national ouvertement gay Daniel Stolz (PLR). A mon avis, ce n’est pas compatible avec son travail.»

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Il me semble qu’on a tout de même le droit de changer, des bêtises de jeunesses ne doivent pas poursuivre à vie. Si il a rejeté ces vidéos, je ne vois pas trop le problème. Franchement, si la police le soutient ils doivent avoir fait toutes les vérifications pour éviter le retour de flammes.

En meme temps, ce n’est pas trop étonnant que le Basler Zeitung monte ça en épingle, vu le propriétaire…

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