Quand les Gays dans l’UDC crachent dans la soupe

Membre du comité du groupe LGBT créé au sein du parti populiste, Jean-Claude Carreira flingue la Pride de Zurich. Un événement «contre-productif», selon lui. Cela n’a pas toujours été l’avis de son mouvement.

«Du bruit, des déchets et des embouteillages», c’est à cela que se résume la Pride de Zurich, selon Jean-Claude Carreira. Ce membre des Jeunes UDC du canton et du comité des Gays dans l’UDC, le groupe LGBT du parti populiste suisse, fait un sort à la manifestation prévue ce week-end, dans une interview décoiffante au «Tagblatt der Stadt Zürich».

«Avec cet événement, les homosexuels veulent susciter la tolérance, mais ils obtiennent exactement le contraire. Pour la plupart, ils ne s’agit pas de s’exprimer, mais de faire des fêtes débridées, de se mettre à motié nu et de consommer de l’alcool. Ils confirment ainsi les préjugés des gens qui sont contre les gays», balance le jeune homme. Les revendications? Du pipeau, selon lui. Les cas de discrimination ne sont «pas représentatifs» de la réalité des gays en Suisse aujourd’hui. «La plupart d’entre eux sont des électeurs de gauche, estime-t-il. C’est dans leur nature de se plaindre constamment et de ne rien faire.»

Chasse au sorcière
Carreira raconte que son coming-out n’a posé aucun problème, ni dans sa famille ni dans son parti. S’il est victime de rejet, c’est plutôt de la part de la scène gay. «Ils mènent une chasse aux sorcières contre l’UDC. Ils se font passer pour super tolérants et ouverts, mais leur morale est à géométrie variable», ajoute-t-il.

Formés en 2010 dans la douleur, les Gays dans l’UDC n’ont pourtant pas toujours craché dans la soupe de la Pride. Lors des dernières éditions, ils étaient même en bonne place dans le défilé zurichois, pour distribuer leurs flyers. La morale du groupe face à la parade des fiertés serait-elle donc aussi «à géométrie variable»? Ou serait-ce plutôt le reflet d’un vide au sein d’un mouvement déchiré par ses contradictions, décrié par certains ténors de l’UDC et dont le président est désormais très occupé, après sa brillante élection à l’Exécutif de la Ville de Bienne?

Plus nécessaire que jamais
Les propos de Carreira ont en tout cas agacé le comité de la Pride zurichoise. «C’est un non-sens complet», estime le conseiller municipal PS Alan David Sangines, vice président de la Zurich Pride, dans le «Tagblatt». «Le festival est extrêmement important comme rendez-vous politique pour les lesbiennes et les gays, rappelle-t-il. Il est plus nécessaire que jamais, tant que nous n’aurons pas de véritable union pour les homosexuels, de droits autour de l’adoption et de protection contre les discriminations.» Quant à savoir si la Pride donne une mauvaise image des homos: «A la Street Parade aussi il y a des déguisements, mais personne ne viendrait dire qu’ils détruisent la réputation des hétéros.»

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