Adoption: les opposants en ordre de bataille

Un référendum se prépare contre l’ouverture de l’adoption au conjoint de même sexe. La fine fleur de la Suisse populiste et conservatrice est dans les starting-blocks.

Sans attendre le projet de loi du Conseil fédéral, qui devrait être soumis aux Chambres avant la fin de l’année, le comité référendaire contre l’ouverture de l’adoption au conjoint de même sexe est formé. Il est dirigé par le coprésident des Jeunes UDC, Xavier Schwitzguébel, et par le président de l’UDF, un petit parti ultraconservateur, Hans Moser. «Le plus tôt nous plaçons ce thème sur l’agenda politique et nous signalons notre opposition, mieux ce sera», explique le conseiller national Thomas Aeschi (UDC), qui fait également partie du comité. D’autres membres seraient issus du PDC, rapporte «Schweiz am Sonntag». Le Valaisan Yannick Buttet s’est déjà dit intéressé.

«égoïsme»
Plan de campagne du comité: marteler la «loi naturelle» (un enfant doit avoir un papa et une maman) contre le soi-disant «égoïsme des adultes», comme le fustige la conseillère nationale bernoise (UDC) Andrea Geissbühler. L’UDC Yves Nidegger sera aussi de la bataille. Pour le Genevois, la future loi ne semble être qu’une lubie de politicien. Il se dit persuadé «le citoyen moyen est bien plus conservateur que les cercles intellectuels qui imposent leur vision et veulent changer la société depuis en haut.» Il oublie un peu vite qu’à l’origine du texte, il y a une pétition de la Fédération des familles arc-en-ciel, et la volonté d’offrir une meilleure protection pour 6000 à 30’000 enfants en Suisse.

Sénateur socialiste de Bâle-Campagne, ouvertement gay, le socialiste Claude Janiak ne s’étonne guère de cette levée de boucliers. «Il y a des cercles conservateurs en Suisse qui se défendent contre les changements dans la société. Mais il y a aussi des décisions sur lesquelles on ne peut pas revenir.»

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