Suisse

Homophobie: ça coince dans les écoles

Deux ans après les premières Assises genevoises contre l’homophobie, associations LGBT, autorités et acteurs sociaux font le point. Et manifestement, le message peine encore à passer.

Evaluer les avancées concrètes dans la lutte contre les discriminations auprès des milieux scolaires et de la jeunesse, mais aussi, plus généralement, dans les services publics du Canton et de la Ville, c’est le but de la Journée de suivi des Assises genevoises contre l’homophobie, qui se déroule demain, mercredi 5 octobre, à l’Uni Dufour.

On attend à cette occasion un message fort du conseiller d’Etat en charge de l’instruction publique, Charles Beer. Un engagement d’autant plus nécessaire que la mise en place des initiatives prévues il y a deux ans «va trop lentement», note la coordinatrice de l’événement, Delphine Roux, dans «Le Courrier». Les brochures d’information n’ont, par exemple, toujours pas franchi la porte des établissements scolaires. Sur le terrain, les profs apparaissent toujours aussi démunis face aux cas d’homophobie. Et Delphine Roux de citer le cas d’une élève genevoise qui avait rencontré de graves problèmes avec ses camarades après avoir fait son coming-out: «Les enseignants n’ont pas fait grand-chose si ce n’est de la changer de classe et, pour certains, de lui conseiller de se faire discrète.» Même constat au Département de l’instruction publique: «Des projets intéressants d’élèves ont été stoppés, par la crainte des directions – ou peut-être d’enseignants – des réactions hostiles de parents», déplore Franceline Dupenloup, chargée des questions de genre.

Expo et lectures
Parmi les orateurs annoncés lors de la Journée, outre le ministre genevois de l’Education, les conseillers administratifs (Ville de Genève) Sami Kanaan et Sandrine Salerno. Par contre, la militante ougandaise Kasha Jacqueline Nabagesera, dont la venue avait été annoncée, ne sera pas présente. Elle sera toutefois la semaine prochaine à Genève, où lui sera remis le Prix Martin Ennals, l’une des distinctions les plus prestigieuses consacrant des défenseurs des Droits humains. En marge de l’événement, ouvert au grand public sur inscription gratuite, on pourra voir une installation de l’artiste Baptiste Lefebvre, ainsi que l’exposition «Les combats contre l’homophobie s’affichent», organisés par Le Gai Savoir. A écouter également, une lecture de «Bash», un dialogue de Neil LaBute mettant en scène la psychologie d’un «casseur de pédé» ordinaire.

Prochaine étape: Lausanne
La Journée de suivi des Assises ne sera pas la seule manifestation de réflexion et d’action sur l’homophobie prévue cet automne. Le Palais de Beaulieu, à Lausanne, accueillera la première édition de PREOS, les 11 et 12 novembre. Cet événement d’envergure suisse romande se penchera sur la discrimination liée à l’orientation sexuelle dans la santé, l’éducation et le sport.

» Journée de suivi des Assises contre l’homophobie; mercredi 5 octobre 2011. Uni Dufour, rue du Général-Dufour 24, Genève, dès 7h45. Le programme complet sur le site de la Fédération genevoise des associations LGBT.
» PREOS (Prévenir le rejet lié à l’orientation sexuelle); 11-12 novembre 2012. Palais de Beaulieu, Lausanne.

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4 oct. 2011   Thèmes: Étiquettes : , , ,

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