Suisse

Un gay écolo se profile pour le Conseil fédéral

Populaire, pragmatique et apprécié à gauche comme à droite, le Conseiller d’Etat bernois Bernhard Pulver a confirmé son ambition de décrocher un siège au gouvernement suisse.

Il est l’homme qui monte en politique suisse: le Vert Bernhard Pulver, actuel ministre bernois en charge du dossier délicat de l’instruction publique, bat des records de popularité dans son canton, plutôt ancré à droite. Aux dernières élections, il est arrivé en tête de tous les candidats, ce qui le désigne déjà, pour certains, comme un prétendant très sérieux à un siège au Gouvernement fédéral. «Assurément, la tâche serait extrêmement passionnante et me ravirait, explique le juriste de formation de 45 ans au «SonntagsBlick». «Mais j’ai mes doutes. La charge de travail, le manque de temps libre, l’extrême publicité sur sa vie. Mais si la situation se présentait d’être le premier conseiller fédéral Vert à contribuer au futur des Suisses, je mettrais tout cela au second plan.» Le juriste de formation confie ne pas avoir de département favori. Cela dit, en tant qu’antimilitariste convaincu, il ne se voit guère aux affaires militaires…

«Tout un symbole»
Bernhard Pulver est aussi seul membre d’un exécutif cantonal ouvertement gay de Suisse. Pour lui, accéder au Conseil fédéral serait «tout un symbole». «Mais cela ne change pas ma politique, s’empresse-t-il d’ajouter. Peut-être que je suis plus sensibilisé aux problèmes et aux souhaits des minorités. La tolérance à l’égard des minorités est une base pour une société stable et pacifique. En tant que gay, on a une sensibilité particulière à combien est précieuse la Suisse et sa politique du consensus.» Un consensus qui, pourtant, bloque pour l’instant toute avancée des droits des LGBT, et en particulier l’adoption par les couples de même sexe. «Je comprends que l’on ne veuille pas encore franchir ce pas maintenant, concède Bernhard Pulver. Je peux comprendre la position un enfant a besoin d’un père et d’une mère. Mais les familles monoparentales montrent que cette position ne correspond pas à la réalité.»

Outsider
Bernhard Pulver a beau être en pole position pour son parti, ce dernier continue toutefois de jouer les outsiders au Conseil fédéral, avec un potentiel électoral stagnant autour des 10%. Mais cela n’arrête pas le ministre bernois: «Je suis persuadé que les Verts ont pour vocation d’être au Conseil fédéral. Nous ne faisons pas de politique avec des œillères, mais avec une perspective large du développement durable. C’est une vision qui met en relation l’écologie, l’économie et le social. Dans les cantons et les communes, notre travail est très apprécié car il est non idéologique et que nous avons l’intérêt commun en ligne de mire.»

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