Sexualité, un mot bientôt tabou sur Facebook?

La modification des «standards de la communauté» sur la plateforme, y compris dans les outils de discussion privée, fait craindre une censure frappant en premier lieu les utilisateurs gay, trans et queer.

Peut-on encore parler de sexe sur Facebook? C’est la question qui se pose après que le réseau social a discrètement mis à jour ses «standards de la communauté» le mois dernier. Après avoir banni «la sollicitation sexuelle» («tentatives de coordination ou de recrutement pour des activités sexuelles adultes») au nom de la «protection des personnes sensibles», la plateforme a modifié son règlement pour y intégrer le concept vague de «sollicitations implicites», citant notamment les «déclarations suggestives» sur les «rôles» et «préférences» sexuelles.

Dans une traduction française qui semble tout droit sortie d’un algorithme, les «standards de la communauté» citent encore «l’état d’excitation, l’acte sexuel ou l’activité sexuelle (pénétration sexuelle ou plaisir de soi), les zones du corps couramment érogènes comme les seins, l’entrejambe, les fesses, l’état de l’hygiène génitale ou des fesses» comme étant hors-limite.

The Daily Dot note que ces principes – désormais en vigueur non seulement sur Facebook, mais aussi sur les plateformes affiliées (Instagram, Messenger) – soulèvent des inquiétudes auprès de la communauté LGBTQ. Des groupes servant d’espace de discussion sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre, ainsi que les groupes de drague virtuelle semblent dans la ligne de mire de Facebook.

Espace de liberté
Ian Mahler, un utilisateur queer non binaire cité par The Daily Dot, s’inquiète de voir ainsi disparaître un espace de liberté et un outil de libération. «En tant qu’ado trans, par le passé, j’ai pu me connecter avec d’autres personnes trans, ça m’a probablement sauvé la vie. Je ne peux pas vraiment imaginer ce qui se serait passé si je n’avais pas trouvé des discussions mentionnant la sexualité, les traitements hormonaux ou les différentes parties du corps.»

On ignore les conditions de mise en œuvre de ces standards – tout en sachant que Facebook est capable de scanner les photos (la couverture du dernier numéro de «360°» en a récemment fait les frais) et conversations privées, et ne s’en prive pas. Ce durcissement survient au même moment où la plateforme Tumblr annonce la suppression imminente de tous les contenus à caractère sexuel, un coup porté aux utilisateurs queer, aux travailleurs du sexe et aux artistes travaillant sur le corps.

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Facebook abuse de sa position dominante en exerçant une censure scandaleuse. Sous couvert de jouer les Mères la vertu, elle créée de la discrimination et de l’homophobie, car tous les utilisateurs n’ont plus les mêmes possibilités de communiquer. L’Europe a besoin de ses propres GAFA.

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