Le duo Bleshporn a déjà tourné dans plusieurs pays, comme le Portugal (ici), l'Espagne ou la Hongrie.

Les vacances classées X d’un couple gay échauffent les esprits

Dans un contexte de polémiques sur l’accueil des touristes gay en Croatie, un parti de droite s’en prend aux autorités qui auraient «laissé» deux Allemands tourner un film porno sur des sites connus.

Des plages idylliques et des paysages méditerranéens paradisiaques, c’est ce que l’on peut voir en guise de décor des vidéos estampillées Bleshporn (NSFW), une des myriades de plateformes porno semi-amateur qui fourmillent sur le Net. Ces productions émanent d’un couple gay allemand, Tim et Julian, qui sillonnent l’Europe pour réaliser des vidéos bareback où ils se mettent en scène eux-mêmes.

Alors qu’il aurait dû rester confiné à un cercle assez restreint d’abonnés du site, un des films fait grand bruit en Croatie. L’affaire remonte à avril, quand les deux protagonistes de Bleshporn ont livré une longue interview à un journal local. «Nous tournons ici parce que les locaux sont fermés d’esprit. Il est triste que l’on en trouve toujours qui n’acceptent pas la communauté gay», expliquait le couple formé d’un infirmier de 33 ans et d’un vendeur de 25 ans.

Le voyage a été immortalisé dans une vidéo intitulée «Come Out of the Closet in Croatia» sur la très populaire île de Pag, près de Zadar.

Dans la très conservatrice Croatie, le retour de bâton a été assez sévère contre les deux touristes. Après un tollé sur les réseaux sociaux, les Indépendants pour la Croatie (NHR), petit parti de la droite dure, se sont emparés de l’affaire pour dénoncer le laxisme des autorités, rapporte «24 Sata». Le tournage, s’indignent-ils, s’est fait «sur la plage en plein jour et, selon les informations dont nous disposons, sans aucun des permis et documents dont ils auraient eu besoin. Que font les institutions?»

Hôtelier sur la sellette
Ce n’est sans doute pas un hasard si la polémique s’enflamme cinq mois après la parution de l’interview du duo. Le tourisme gay-friendly fait l’objet de tensions en Croatie, quelques semaines après une autre affaire, qui divise l’opinion croate. En août, le propriétaire d’un hôtel de Zadar a été placé sous enquête après avoir refusé d’accueillir un vacancier brésilien et son compagnon. «Ici on n’accepte pas les gays», leur aurait-on dit. Le commerçant risque 3 ans de prison en vertu d’une loi antidiscrimination, rappelle «The Dubrovnik Times». Tandis que la droite a apporté son soutien à l’établissement mis en cause, une partie des professionnels du tourisme se sont inquiétés des conséquences de l’affaire pour l’image du pays auprès de la clientèle LGBT. La Croatie a accueilli 17 millions de touristes l’an dernier, soit plus de quatre fois sa population.

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