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«Barelin»: mythes d’une capitale du bareback

Ces dernières années, la presse populaire locale présente Berlin comme un haut lieu du sexe non protégé. Qu'en est-il vraiment? Reportage.

L’avertissement qui barre la page d’accueil du site de dating barebackcity.de, une des plateformes les plus utilisées par les adeptes du sexe non protégé à Berlin, est on ne peut plus clair: «Si vous avez la chance d’être séronégatif, ne jouez pas avec votre santé. Prendre des médicaments pour le restant de sa vie peut endommager gravement vos organes. Informez vous sur le VIH et prenez votre décision en âme et conscience. Médicaments et alcool peuvent altérer votre jugement. Sélectionner vos partenaires sexuels ne vous protège pas systématiquement du VIH! Seul le préservatif protège du sida!»

Une soirée baptisée Fuck’n’Fill
Même chose en ce qui concerne les nombreuses soirées bareback qui ont lieu aux quatre coins de la ville, à l’instar de Coffee and Cream ou de celle qu’organise deux fois par mois le groupe BerlinBastards. Tous précisent sur leur site qu’elles sont uniquement réservées aux hommes porteurs du VIH. Les BerlinBastards vont même jusqu’à poser deux autres conditions pour se protéger des curieux: les nouveaux venus doivent déjà connaître personnellement des membres du groupe et envoyer à l’avance une photo de leur visage pour être reconnus par le portier. Ce qui bien sûr n’empêche pas que d’autres organisateurs soient moins tatillons sur la question: au club Cocks, par exemple, a lieu chaque dimanche une soirée baptisée Fuck’n’Fill, «for positive and your friends», qui laisse supposer que séropo ou pas, tout le monde y est admis. Nos tentatives de contacter la direction du club pour en savoir plus sont restées infructueuses.

Mais la majorité des partouzes qui ont lieu dans les sex-clubs gays berlinois, du Ficken 3000 au Lab du Berghain respectent les règles du safer sex – le dernier fournit même des gants lors de ses soirées fist fucking. «En général ils sont tout à fait prêts à nous recevoir sur place, explique Dirk Sander, représentant des gays à la Deustche Aids Hilfe, une des plus grandes organisations de prévention contre le sida en Allemagne. Certains gérants font eux mêmes de la prévention. Quand ils organisent une partouze, ils achètent eux-mêmes des préservatifs et des lubrifiants, de façon à ce que les gens puissent se protéger.» Et ce bien que la loi ne les y oblige pas, ajoute-t-il.

En haut de l’escalier qui plonge dans le labyrinthique darkroom du Ficken 3000, le maître des lieux, Frank, a installé un distributeur de préservatifs sur lequel est écrit «Protège ta santé»: «Je n’organise pas de soirées bareback parce que je ne veux pas endosser la responsabilité que les gens puissent être contaminés une deuxième ou une troisième fois. Beaucoup de gens ignorent qu’on peut être infecté par d’autres souches du virus du sida.» Si le phénomène de surcontamination au virus du sida a été démontré, ses effets sont encore méconnus et controversés. Mais le risque d’attraper une MST telle que l’hépatite C ou la syphilis est bien réel.

Le légende du bugchaser
Bien que les soirées bareback aient à l’origine été créées par des gays séropositifs qui préféraient coucher entre eux pour ne pas contaminer les autres, la figure du bugchaser, un homme qui se rendrait à ces soirées dans le but de se faire contaminer pour pouvoir à son tour jouir d’une sexualité libérée de la contrainte du préservatif, fait souvent surface dès lors qu’on aborde le sujet du barebacking.

Ruben est séropositif depuis sept ans. Ce jeune web-développeur originaire de Suisse fréquente les clubs gay berlinois depuis des années et bien qu’il mette un point d’honneur à prévenir ses partenaires qu’il est porteur du virus du sida, il n’a encore jamais rencontré quelqu’un qui lui aurait demandé de lui transmettre sa maladie: «Je crois que ce sont plutôt des types qui en réalité sont eux aussi séropositifs mais qui n’ont pas fait le test et qui d’une certaine manière trouvent ça excitant. Mais je ne connais personne dans ce cas, explique-t-il. Je ne crois pas que ces soirées où les gens viendraient se faire contaminer existent. C’est une illusion. Même si pour beaucoup de gens, c’est probablement une idée excitante de se dire que leur sperme est toxique, etc.»

Une impression que partage Dirk Sander, qui met fortement en doute l’existence ce phénomène et tient à tordre le cou au cliché répandu selon lequel les soirées bareback seraient des foyers infectieux de l’épidémie du sida: «Tous les scientifiques s’entendent sur le fait qu’il ne peut pas s’agir d’un phénomène important sur le plan épidémiologique.» Et met en garde contre les relents homophobes de l’attention accordée au bugchasing: «Cela signifie que les gays sont irresponsables et portent préjudice à la société, c’est un sujet qui n’est pas nouveau. Bien au contraire: ce sont les gays eux-mêmes, il y a trente ans, qui ont mis en place des structures et des réseaux de prévention contre le VIH.»

One thought on “«Barelin»: mythes d’une capitale du bareback

  1. le bug chaser n’a rien à voir avec le barebacker prosélyte qui est essentiellement un seroNEGATIF et non un séropositif. Une fois devenu séropo, un barebacker ne met pas davantage de capote puisqu’il est sûr de rencontrer ses acolytes.
    la séropositivité est le prix à payer pour la vraie liberté, forcément c’est cher, mais aujourd’hui beaucoup moins.

    le bug chaser est aux antipodes du barebacker car il est irresponsable, quand le barebacker est tout le contraire.

    votre article n’est qu’une stratégie de propagande pour déprécier le bareback .

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