Un «outing» plutôt brutal

15 juillet 2020

La cathédrale Saint Nicolas de Fribourg, Photo CC BY-SA 3.0

«L’Illustré» apporte un nouvel épisode à la «saga scabreuse» du diocèse de Fribourg en dévoilant la vie privée d’un prêtre. Problématique.

Un curé qui drague sur un site gay, cela ne devrait pas, a priori, émouvoir les médias romands en 2020. C’est pourtant ce que l’on découvre dans les pages de «L’Illustré» de cette semaine. Le magazine se livre au outing du père C. qui apparaît en slip de cuir sur une des photos tirées de son profil PlanetRomeo.

Si ces révélations font la une de l’hebdomadaire, c’est qu’elles s’inscrivent dans une affaire qui met en ébullition le catholicisme romand depuis décembre dernier. Car C. venait d’être désigné au poste maudit d’abbé de la cathédrale de Fribourg. L’ancien titulaire avait été limogé pour soupçons d’abus sexuels sur un mineur, peu avant qu’un successeur pressenti soit écarté pour les mêmes motifs.

C., prêtre réputé ultraconservateur, actuellement à la tête d’une paroisse genevoise, répond dans une lettre en forme d’aveu. Il met son «erreur» sur le compte du «contexte genevois» et de la «crise de la quarantaine» et assure avoir supprimé son compte PlanetRomeo avant d’être démasqué. «Ma présence sur ce site et les rencontres qui en ont découlé ne sont pas compatibles avec mon engagement. Je me suis perdu.»

Humiliant

La démarche de «L’Illustré» met mal à l’aise en exposant aussi crûment – et de manière aussi humiliante – la vie privée d’un prêtre. Ce faisant, le magazine déclenche lui-même un nouvel épisode à la «saga scabreuse» du diocèse de Fribourg. Par ailleurs, l’article a la fâcheuse tendance à mettre les «égarements» de C. au même niveau que les délits pénaux reprochés à ses collègues.

Évidemment, le cas apporte de l’eau au moulin de ceux qui dénoncent le «puissant lobby homosexuel au sein de l’Église catholique romaine, mettant en cause la sincérité de cette dernière quant à ses principes et faisant vaciller la flèche de l’édifice», comme l’écrit le rédacteur en chef Michel Jeanneret dans son édito.

4 comments

Malheureusement ce genre d’histoire, culpabilise la foi chrétienne. ..
Le sexe dans l’église a toujours existé, cachée mais toujours présente.
Les bonnes du curé n’était quand même pas là que pour les repas….
Il y a déjà 30 ans en valais, un vigneron nous montrait un village d’enfant “battard” mais tous fils de curé. .les femmes accouchaient et elevait leurs enfants non reconnu….
Qu’on laisse les curés se marier avec qui ils veulent , il y aura beaucoup moins d’abus et des curés beaucoup plus a l’écoute car il verront ce qu’est la vie de famille avec ces joies et ces difficultés. A ce moment là, j’irai demander conseil et me confesser chez une personne qui connaît la vrai vie.

Lol j’adore le “contexte genevois” pour expliquer ses écarts de conduite! C’est vrai que Genève est la capitale internationale de la tentation, ça ne serait jamais arrivé s’il était resté à Fribourg. “Ne nous soumet pas à la tentation…” Bon on lui souhaite quand même bonne chance pour son séjour au monastère. Garde ton slip encuir ça peut toujours servir…

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