Les sportifs LGBT romands en une du «Matin dimanche»

3 mai 2020

Bonne surprise dominicale: le journal orange profite de la pause forcée des compétitions pour consacrer une large part de son cahier Sports aux expériences des athlètes gay et lesbiennes.

Le sujet n’est pas forcément nouveau, mais «Le Matin dimanche» le présente dans son édition du jour sous des angles originaux. Comme ce portrait double d’Emilie Siegenthaler et Camille Balanche, toutes deux dans le Top 10 du VTT mondial, et en couple dans la vie. Leur affection est teintée de rivalité. «Mon cœur bat plus fort quand Cam descend mais je lui fais confiance, raconte Emilie. Je suis convaincue de ses capacités, comme elle l’est des miennes.»

Et toujours ce fossé entre le vécu des femmes et celui des hommes, notamment dans les sports d’équipe. Un ancien espoir du hockey romand relate comment il a été outé et chahuté par ses coéquipiers à coups de blagues douteuses. «C’était terrible à vivre. J’ai ressenti ça comme une vraie humiliation. J’aurais encore préféré qu’ils m’insultent.» Le jeune homme d’une vingtaine d’années a aujourd’hui rangé les patins, malgré une expérience plus sereine au sein d’un club étranger. En Suisse, conclut-il, «j’ai l’impression qu’il y a une fausse tolérance. Publiquement, personne ou presque n’est homophobe, mais au final, ça dérange beaucoup de monde visiblement.»

«Pourquoi pas moi?»
Un constat partagé au moins en partie par le volleyeur Dennis Del Valle. Le Portoricain du LUC souhaite néanmoins adresser un message aux jeunes: «À mon échelle, j’ai réussi une carrière en étant gay. J’espère qu’ils se diront: «Pourquoi pas moi?»

«Le Matin dimanche» réserve aussi une place au témoignage d’un journaliste sportif, Anthony Loewer, et aux clubs LGBTQ+ romands. Pour ces derniers, Laurent Paccaud, ancien judoka devenu sociologue du sport, retrace les réussites en matière d’intégration, notamment dans les championnats locaux, mais aussi quelques frictions, comme celles vécues par les nageurs d’Aquarius, à Lausanne, dans une piscine de la ville. «Ce type d’expériences négatives rappelle que ces clubs dérangent parfois l’ordre sportif.»

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