Photo: FB/Ja zum Schutz vor Hass

«La haine n’est pas une opinion»

La conférence de presse du comité Contre les discriminations Oui se tenait hier matin à Berne. Le soir même, l’UDC Vaud créait la surprise en laissant la liberté de vote sur cet objet…

Plus que dix semaines avant la votation sur l’extension de la norme pénale antiraciste à l’homophobie! Ce jeudi matin à Berne, le comité pour le «oui» à la révision de l’article 261bis du Code pénal a réuni plusieurs de ses soutiens devant les médias, sous le slogan «La haine n’est pas une opinion». L’occasion de démonter quelques-uns des arguments présentés récemment par celles et ceux qui appellent à voter «non» le 9 février au nom de la «liberté d’expression».

Parmi les intervenant·e·s, issu·e·s des mondes associatif et politique, la conseillère aux États Anne Seydoux (PDC/JU) a rappelé que «seules les déclarations discriminatoires qui sont faites publiquement et qui rabaissent les personnes auxquelles elles s’adressent seront punies», peut-on lire dans la «Tribune de Genève» et «24 heures».

«Il sera toujours possible de s’exprimer publiquement contre le mariage pour tous ou l’adoption pour les couples gays, comme il est toujours possible de critiquer l’immigration même si les minorités étrangères sont protégées par la loi. Il s’agit simplement de défendre la dignité humaine», a expliqué Salome Zimmermann, coprésidente de l’Organisation suisse des lesbiennes, citée par «Le Temps».

Une partie du défi consistera à rassurer les hésitants, notamment un électorat conservateur qui a pu être touché par le discours de l’UDF, parti évangélique qui a lancé le référendum. Celui-ci avait brandi la menace d’une censure de la Bible. À ceux-là, Michel Müller, président du Conseil paroissial de l’Église réformée de Zurich, a rappelé que certains passages de la Bible, «mal commentés», pouvaient certes ressembler à des appels à la violence contre les homosexuels, «mais les Évangiles disent aussi: tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi».

L’UDC Vaud s’abstient d’appeler au «non»

Face à un très large consensus inter-partis en faveur du «oui», seul l’UDC fait campagne «contre la censure» aux côtés de la très marginale UDF. Mais même parmi les agrariens, les opinions ne sont manifestement pas si tranchées. Preuve en est le congrès de la section vaudoise du parti, qui se déroulait le soir même à Palézieux, et qui a notamment décidé hier de laisser la liberté de vote pour le 9 février. «L’UDC vaudoise s’écarte ainsi du parti suisse qui a rejeté ce texte à l’unanimité», relève lematin.ch.

Venu défendre le «oui» à la révision du Code pénal devant l’assemblée, le jeune élu socialiste montreusien Romain Pilloud n’en revenait pas, comme il l’a écrit sur Facebook: «J’ai été particulièrement touché par la prise de position de quelques courageux délégués qui ont fait honneur au combat des personnes gay, bi ou lesbiennes. Quelle émotion!»

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