Photo: Familles arc-en-ciel, manifestation à Berne en mai 2014.

Mariage civil pour tous avec la bénédiction des protestants

La presse suisse a donné un large écho à la prise de position de l’Église réformée en faveur du mariage égalitaire, à quelques mois du débat au Parlement.

Quarante-cinq voix pour, 10 contre et 4 abstention. Il n’y a pas eu photo, mardi à Berne, lors de l’Assemblée des délégués de l’Église réformée. Cette dernière a dit un large «oui» au principe du mariage pour tous, qui doit être débattu au Parlement au printemps prochain et pourrait faire enfin entrer la Suisse dans le club du mariage égalitaire, dont font partie la quasi-totalité de ses voisins européens.

«C’est dans l’identité réformée que d’être dans son temps. Notre identité, c’est de reconnaître différentes autorités, bien sûr l’autorité de la Bible, mais aussi l’autorité de l’État, et des avancées scientifiques. On progresse!», s’est réjouie la pasteure genevoise Carolina Costa sur le plateau du «19:30» de la RTS.

Alors que les évêques catholiques se sont abstenus, estimant que l’objet était uniquement du ressort du droit civil, le débat été vif au sein de l’institution réformée, rappelle la «NZZ». En fin de compte les opposants, qui dénonçaient une loi «en contradiction avec la révélation biblique», ont été clairement minorisés.

Cette prise de position concerne exclusivement le mariage civil. La décision de célébrer l’union de couples de même sexe au temple appartiendra aux Églises cantonales, note l’ATS. Certaines proposent déjà depuis quelques années des cérémonies aux couples gay et lesbiens partenarié·e·s.

«Désamorcer les peurs»
Chez les politiques, le «oui» des protestants suisses réjouit les partisans du mariage égalitaire. «Ça aide assurément à désamorcer les peurs qui persistent», se félicite la conseillère nationale Kathrin Bertschy (VL), une des auteures de l’initiative, au micro de la SRF.

Le texte devrait bénéficier d’une large majorité au Parlement, où seule l’UDC fait de la résistance. Toutefois, la variante incluant l’accès des couples de lesbiennes à la procréation médicalement assistée divise davantage les élus. Le président du PDC Gerhard Pfister met en garde contre toute tentation de «charger la barque».

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